Le monde d'après nécesittera plus qu'un simple déconfinement.

Le monde d’après : un bénéfice écologique précaire

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Le monde d’après : les victoires fragiles du confinement

Selon le Haut Conseil pour le Climat, les réductions de gaz à effet de serre liées au confinement risquent d’avoir un effet très temporaire. Cela, si cette amélioration environnementale n’est pas renforcée par des stratégies politiques à long terme. De fait, sans ces choix, le monde d’après sera identique au précédent.

Des bénéfices temporaires

En matière de neutralité carbone, les experts français interrogés estiment que si l’on veut atteindre le monde d’après, avec un meilleur bilan carbone pour 2050, la brève pause du confinement sera très vite absorbée. Et ce, sans un véritable virage écologique mondial. De fait, à ce jour, des politiques permettant d’instaurer une réduction tangible de l’effet de serre sont loin être acquises. Ainsi, dans son rapport publié le 21 avril dernier, le Haut Conseil pour le Climat n’hésite pas à considérer la baisse actuelle de la pollution atmosphérique comme « marginale et transitoire ». Par conséquent, se glorifier de cette réduction, estimée à environ 30 %, serait illusoire.

Une amélioration vulnérable

Principalement, cette réduction s’explique par une baisse des émissions habituellement produites par le trafic routier et les vols d’avions. En effet, ces deux sources jouent un rôle majeur dans l’élaboration quotidienne des gaz à effet de serre. Les réduire serait une avancée déterminante vers le monde d’après. On estime que si l’arrêt actuel de l’activité aéronautique se prolongeait, cela entraînerait d’ici la fin de l’année 2020 un bénéfice de 45 millions de tonnes de CO2. Soit, quasiment 10 % de la quantité annuelle de dioxyde de carbone rejetée dans l’atmosphère.

Crise environnementale et crise sanitaire : des maux interdépendants

Le monde d'après a besoin de politiques écologiques fortes et suivies pour devenir réalité.

Le monde d’après a besoin de politiques écologiques fortes et suivies pour devenir réalité.

Les conclusions du Haut Conseil pour le Climat s’appuient sur des travaux scientifiques validés et récents. Ces analyses révèlent un lien de cause à effet entre l’apparition de pandémies nées dans le milieu animal et des crises environnementales dues à l’activité humaine. Notamment, des déforestations intensives. Ce constat pousse à inclure dans une future stratégie d’urgence climatique mondiale des mesures écologiques accrues. Celles-ci devront s’appuyer, entre autres, sur les conclusions émises par la Convention Citoyenne pour le Climat. Idem pour le Plan de relance élaboré par le Conseil de Défense Ecologique. Enfin, dernier volet important, l’encouragement des entreprises menant des stratégies décarbonées  par des aides fiscales. A l’évidence, sans ces mesures, il n’y aura pas de monde d’après.

Le monde d’après et les nouveaux risques post-confinement

Par ailleurs, le Haut Conseil pour le Climat craint l’abandon des mesures anti-carbone, sous couvert d’une reprise nécessaire de l’activité économique. Cela, au nom d’une relance du travail jugée impérative. De plus, la baisse actuelle du prix du baril de pétrole pourrait aussi contribuer à faire oublier les engagements conclus lors de la COP25. Ainsi, le Haut Conseil préconise d’adopter un prix plancher du Brent, afin qu’il ne puisse plus rivaliser avec le coût des énergies non fossiles. Sans ces stratégies aux conséquences écologiques actives, lex bénéfices dus au confinement ne dureront pas longtemps. Donc, elle empêcheront l’arrivée d’un monde d’après. De plus, de nouvelles pandémies risquent de survenir.