La neutralité carbone ne doit pas être exclue des futurs objectifs de croissance.

Neutralité carbone : un objectif à préserver après le déconfinement

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Neutralité carbone : une reprise économique à contrôler

 

La perspective de sortir enfin du confinement ne doit pas faire oublier les objectifs de neutralité carbone, poursuivis avant l’arrivée de la pandémie. En effet, un rebond trop violent pourrait générer un phénomène de pollution accélérée, redouté par tous les experts du changement climatique.

 

Une crise climatique toujours présente

Aujourd’hui, il faut bien admettre que la crise sanitaire en cours, d’une ampleur sans précédent, a fait passer au second plan le souci de neutralité carbone. Pourtant, les enjeux de la crise climatique sont toujours présents. Car si les émissions mondiales de CO2 ont fortement baissé, grâce aux différents confinements, une remontée spectaculaire est toujours à craindre. Cela, dès qu’on aura l’impression que les bouleversements auront été surmontés. Or, les risques d’une crise environnementale mondiale majeure plane toujours au-dessus de nos têtes. Avec des défis au moins aussi importants que le contrôle rapide d’un nouveau virus. En prévision, l’exécutif a anticipé ce danger. En joignant aux aides financière accordées aux entreprises des conditions à respecter en faveur de l’environnement.

Un prêt modulable en fonction des efforts réalisés

La neutralité carbone doit rester au coeur de notre futur développement économique.

La neutralité carbone doit rester au coeur de notre futur développement économique.

Certes, les contreparties réclamées par l’exécutif en échange de ces aides seront utiles. Mais seront-elles suffisantes, en matière de neutralité carbone ? Selon l’exécutif, on notera que les entreprises aidées devront faire preuve d’une « […] intégration exemplaire des objectifs de responsabilité sociale, sociétale et environnementale dans leur stratégie. Notamment, en matière de lutte contre le changement climatique. » Cependant, si cette mesure est louable, on peut s’interroger sur son efficacité réelle. En clair, sera-t-elle assez suivie pour qu’on atteigne avec elle les objectifs définis lors de la COP21, à Paris en 2015 ?

Un concept financier efficace

Pour lui donner plus de poids, il existe un outil efficace : le prêt à impact climat. Ce prêt, inspiré du principe des emprunts obligataires durables, comporte une indexation de son taux. Celle-ci varie en fonction de la réduction des émissions de gaz à effet de serre atteinte par une société. Ainsi, l’entreprise concernée paye son prêt plus ou moins cher, suivant ses efforts, en faveur de la neutralité carbone. Ce principe d’effort récompensé permet de bonifier le prêt contracté. Pour vérifier où elles réussissent à se placer, les sociétés concernées peuvent consulter un indicateur. Celui-ci se nomme le Science Based Target, ou SBT. Il a été développé conjointement par le Fonds Mondial pour la Nature, le Pacte mondial des Nations Unies et l’Institut des Ressources Mondiales.