L'hypothèse d'un futur impôt sur l'épargne n'est pas exclue.

Impôt sur l’épargne : un scénario possible pour renflouer la dette ?

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Impôt sur l’épargne : une possibilité à envisager

 

Dans les circonstances inédites que traverse le pays, imaginer qu’un impôt sur l’épargne puisse voir le jour n’est pas une perspective irréaliste. En effet, à l’heure où même le secteur de l’immobilier montre un tassement significatif, les épargnants pourraient bientôt être contraints d’aider à rembourser l’énorme dette que l’épidémie a provoquée.

 

Une activité économique en berne

Selon l’Insee, la baisse de l’activité économique du pays s’élèverait actuellement à 35 %. Au total, cette chute se chiffrerait à 500 milliards d’euros de perte. De plus, ce constat négatif s’accompagnerait cette année d’un déficit public évalué par Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, à environ 9 % du PIB. Dans ces conditions peu glorieuses, on observe chez les Français une forte tendance à épargner. Cela les a conduit à mettre de côté des sommes très importantes, sur des livrets d’épargne mal rémunérés mais sans risque. Ce réflexe démontre qu’une crainte s’est installée, face à un avenir que beaucoup de foyers estiment comme menaçant. Alors, en réaction, l’Etat pourrait-il avoir recours à un impôt sur l’épargne ?

Une éventualité forcément impopulaire

Ce choix d’un impôt sur l’épargne pourrait être une option contre l’inertie économique due au confinement. En effet, cette situation de blocage empêche de faire de nombreuses dépenses. Depuis près de deux mois maintenant. Par ailleurs, les inquiétudes concernant un éventuel second confinement, toujours possible, n’encouragent pas à déclencher un réel rebond économique. Même si certains économistes optimistes prédisent pour l’année prochaine un renflouement du PIB de l’ordre de 11 %.

Un taux record d’épargne

Une tirelire en forme de cochon pour l'éventualité d'un impôt sur épargne

Un impôt sur l’épargne pourrait survenir si la crise actuelle persiste.

Dans cette situation actuelle de restrictions forcées, l’Etat pourrait-il recourir à un nouvel impôt sur l’épargne ? Pour certains spécialistes, malgré l’impopularité prévisible d’une telle décision, l’exécutif pourrait effectivement s’y résoudre. Car un taux record de 25 % d’épargne pourrait bientôt être atteint en France. Par conséquent, l’Etat pourrait être tenté d’en ponctionner une partie pour se renflouer. Cela, afin de rembourser les dettes qu’il a accumulées. De fait, pour faire repartir l’économie du pays, de nouvelles règles sur les placements pourraient alors faire leur apparition. Avec, dans le collimateur de Bercy, une révision possible de l’encadrement privilégié de l’assurance-vie. Idem pour l’impôt appliqué aux plus fortunés. Ces choix pourraient alors venir consolider les incitations fiscales à l’épargne longue, insufflées par la loi PACTE, pour soutenir les entreprises françaises. De cette manière, un redémarrage de l’activité du pays pourrait s’effectuer de façon plus rapide.

Un avenir difficile à prévoir

Dans les prochains mois, en attendant un retour à une situation normale, toujours hypothétique, l’immobilier résidentiel devrait conserver son rôle de valeur refuge. Quant au secteur de l’immobilier commercial, il pourrait être prochainement bousculé par l’apparition d’impayés de loyers. Cela, bien qu’il soit resté stable jusqu’à présent. Enfin, du côte de la Bourse, les marchés pourraient également réserver des surprises désagréables aux investisseurs. Alors, à l’avenir, tous ces différents paramètres assemblés pourraient effectivement encourager l’Etat à envisager un futur impôt sur l’épargne. Vu les circonstances exceptionnelles que nous traversons, cette éventualité n’est pas à exclure.