La croissance actuelle des dark stores, ces magasins sans clientèle physique, révèle un phénomène urbain symptomatique.

Croissance des dark stores: un phénomène urbain symptomatique

3398

Se faire livrer ses courses en moins de quinze minutes est une offre qui intéresse de nombreux citadins. Or, la croissance des dark stores, ces nouveaux établissements sans clients physiques, répond exactement à cette demande. D’ailleurs, d’après certains experts, cette révolution dans la consommation serait déjà bien ancrée. D’autant plus que ce secteur émergent dispose de moyens de financement importants.

Un nouveau modèle de consommation

La croissance actuelle des dark stores, ces magasins sans clientèle physique, révèle un phénomène urbain symptomatique.

La croissance actuelle des dark stores, ces magasins sans clientèle physique, révèle un phénomène urbain symptomatique.

D’apparence anonyme, les dark stores ne se signalent que par la présence de leurs livreurs en deux-roues, à l’arrêt devant leurs portes. En fait, la nature de leur activité ne se révèle que lorsqu’on pénètre à l’intérieur de leurs locaux. On y découvre alors de multiples étagères et souvent des chambres froides. Dans lesquelles plusieurs centaines de produits sont stockés avant d’être commandés. Ainsi, ce nouveau modèle de consommation, qui permet de se faire livrer à domicile en moins de quinze minutes, porte un nom : le « quick commerce ». Pour satisfaire leur clientèle, les dark stores, dans lesquelles aucun consommateur ne va jamais, ont juste besoin d’un réseau de producteurs situés à proximité. Et d’une plateforme capable d’enregistrer des commandes. Ensuite, il suffit de maîtriser les pratiques élémentaires de la livraison.

Croissance des dark stores : un marché en devenir

Actuellement, des dizaines de dark stores existent à Paris, ainsi que dans d’autres métropoles. Notamment à Bordeaux, Lyon ou Lille. Cela s’explique par une demande en pleine effervescence, portée aujourd’hui par un réseau de centaines de milliers de clients qui apprécient de ne plus aller au supermarché faire leurs courses. Incontestablement, cette formule séduit de plus en plus, surtout dans les grandes villes. Au point qu’une concurrence féroce a commencé entre les différentes enseignes qui se sont lancées il y a moins d’un an dans ce nouveau créneau. Désormais, Flink, Gorillas, Cajoo, Kol, Getir ou Dija s’efforcent de capter le plus de clients possibles, chacune pour leur propre compte.

Un secteur commercial en plein essor

A présent, pour promouvoir leurs services, ces dark stores toutes neuves placent leurs publicités dans le métro ou sur les bus, à grand renfort d’affiches. Ce qui prouve que des dizaines de nouveaux « magasins » ouvrent maintenant chaque semaine. Alors qu’il y a seulement six mois, les fonds d’investissement observaient ce phénomène naissant sans y croire. Aujourd’hui, ce nouveau secteur commercial aurait engrangé plus de 2 milliards d’euros, levés depuis le début de l’année. Ainsi, il représente désormais une réelle menace pour la grande distribution traditionnelle. D’ailleurs, celle-ci s’inquiète maintenant de la forte prolifération des dark stores.



Thierry Dulac

Né à Blois le 22 novembre 1972, Thierry Dulac est un journaliste français. À tout juste 21 ans, il débute une carrière de journaliste à Londres sur la chaîne spécialisée en économie Bloomberg TV. Il rejoint BFM TV dès son lancement en 2005 et anime des émissions sur la chaîne d'info en continu de 2006 à 2009. On le voit ensuite sur iTélé, ancêtre de CNews, entre 2009 et 2011 date à laquelle il intègre le Bulletin des Communes qui lui confie la rubrique Environnement.