La crise agricole reste vive en France après plusieurs semaines de mobilisation. Le vendredi 9 janvier, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a pris la parole pour détailler un ensemble de mesures d’urgence. L’objectif affiché est clair : produire des résultats rapides et apaiser les tensions sur le terrain.

Ce plan représente un effort budgétaire supérieur à 300 millions d’euros. Il combine des mesures conjoncturelles et des actions structurelles. Le gouvernement espère ainsi répondre aux revendications des agriculteurs, alors que le climat reste tendu dans de nombreuses filières.

Une mobilisation agricole toujours forte sur le territoire

Depuis une semaine, les mobilisations agricoles se multiplient. Tous les syndicats sont concernés. Les blocages, rassemblements et actions symboliques traduisent une exaspération profonde.

Les agriculteurs dénoncent la baisse de leurs revenus, la concurrence étrangère et l’accumulation de contraintes. L’approbation récente de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur renforce le sentiment d’abandon ressenti par une partie du monde agricole.

Un plan pour calmer la colère sans attendre

Face à cette situation, Annie Genevard affirme vouloir agir vite. Elle annonce un plan destiné à répondre aux urgences économiques. Selon la ministre, cet effort financier doit produire des effets immédiats.

Le montant global dépasse les 300 millions d’euros. Il s’inscrit à la fois dans une logique de soutien ponctuel et dans une stratégie de moyen terme pour les filières en difficulté.

La DNC au cœur des préoccupations agricoles

La dermatose nodulaire contagieuse reste un sujet sensible. Son traitement par les pouvoirs publics suscite une forte colère, notamment au sein de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne.

La ministre annonce une évolution du protocole en cas d’immunité collective. Cette évolution dépendra toutefois d’un aval scientifique. Les experts devront préciser les conditions et les délais nécessaires pour atteindre cette immunité.

Un renforcement du fonds de soutien sanitaire

Pour accompagner les éleveurs touchés, le fonds de soutien sanitaire est renforcé. Initialement fixé à 11 millions d’euros, il est porté à 22 millions d’euros.

En parallèle, le gouvernement travaille à la mise au point d’un test de dépistage fiable pour les animaux asymptomatiques. Cette avancée est jugée essentielle pour limiter les abattages et sécuriser les exploitations.

Relancer les exportations agricoles vers l’Europe du Sud

La ministre souhaite également lever certains blocages commerciaux. Elle annonce des négociations avec l’Italie et l’Espagne afin d’obtenir des laisser-passer.

L’objectif est de rouvrir les exportations agricoles vers ces pays. Cette mesure vise à soulager les filières fragilisées par les restrictions sanitaires et commerciales.

Des annonces au niveau européen

Sur le plan européen, Annie Genevard évoque plusieurs dossiers clés. Elle salue la possibilité de suspendre prochainement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières sur les engrais.

Cette suspension pourrait s’appliquer de manière rétroactive. Elle offrirait un allègement financier aux exploitants confrontés à la hausse des coûts de production.

La PAC et la défense des intérêts français

La ministre rappelle également l’implication de la France dans les discussions budgétaires européennes. Le maintien d’un budget solide pour la politique agricole commune reste une priorité affichée.

Cette position vise à sécuriser les aides directes et les soutiens structurels aux exploitations françaises dans un contexte budgétaire contraint.

Des mesures miroirs face aux accords commerciaux

Concernant les accords commerciaux, Annie Genevard adopte une ligne ferme. Elle affirme que les mesures miroirs doivent devenir un réflexe.

Ces mesures visent à empêcher l’importation de produits ne respectant pas les normes européennes. Les contrôles aux frontières seront renforcés pour garantir une concurrence équitable.

Un soutien financier ciblé pour les filières en difficulté

Le plan gouvernemental prévoit des aides spécifiques par filière. La viticulture reste une priorité. Les dispositifs existants seront accélérés et renforcés.

Les mesures incluent des plans d’arrachage, des prêts de consolidation et un soutien renforcé à la trésorerie des exploitations concernées.

Des enveloppes renforcées pour les productions clés

Le plan protéines bénéficiera de 30 millions d’euros supplémentaires. Les grandes cultures recevront 40 millions d’euros.

L’élevage bénéficiera de 20 millions d’euros additionnels. Sur ce montant, 11 millions d’euros seront dédiés au fonds d’indemnisation lié à la DNC.

Simplifier les règles pour libérer l’activité agricole

Annie Genevard promet également de lever certaines contraintes réglementaires. Elle annonce l’accélération de la signature des décrets de la loi Duplomb-Ménonville.

Le décret concernant la simplification des règles pour les élevages intensifs sera signé avant la fin du mois. Les textes sur la lutte contre les nuisibles seront pris avant le prochain salon agricole.

Une réponse face à la prédation du loup

La question du loup reste très sensible. En 2025, plus de 4 000 attaques ont été recensées sur le territoire.

La ministre annonce une augmentation de 10 % du quota de tirs autorisés. Cette mesure vise à mieux protéger les troupeaux et à répondre aux attentes des éleveurs.

Une révision du registre phytosanitaire

L’arrêté sur le registre phytosanitaire devait être publié prochainement. Il fera finalement l’objet d’une nouvelle consultation.

Cette décision vise à améliorer le dispositif et à répondre aux critiques formulées par les professionnels du secteur.

Un effort accru sur la gestion de l’eau

La gestion de l’eau figure aussi parmi les priorités. Le fonds hydraulique agricole sera doublé.

Il passera de 30 à 60 millions d’euros une fois le budget adopté. Le gouvernement souhaite également débloquer les dossiers en attente et réduire les risques pour les porteurs de projets.

Lutter contre les recours abusifs

Pour faciliter les investissements agricoles, il sera possible de se retourner contre les auteurs de recours abusifs.

Cette mesure vise à sécuriser les projets d’infrastructures hydrauliques et à réduire les délais administratifs.

Préparer l’avenir du secteur agricole

Au-delà de l’urgence, la ministre insiste sur la préparation de l’avenir. Plusieurs dispositifs sont déjà en cours de déploiement.

Les conférences sur la souveraineté alimentaire, les Assises du sanitaire et les rendez-vous de la simplification seront accélérés.

Un plan dépendant du vote du budget

Une partie des mesures annoncées dépend encore de l’adoption du budget. Le contexte politique rend cette étape incertaine.

La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, alerte sur le risque d’une motion de censure. Une telle situation pourrait bloquer la mise en œuvre des annonces.

Un pari politique face à la colère agricole

Avec ce plan de plus de 300 millions d’euros, le gouvernement tente de reprendre la main. Les annonces répondent à plusieurs revendications fortes du monde agricole.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à calmer durablement la colère. Les prochains jours seront décisifs pour l’exécutif comme pour les agriculteurs.