Un vote contesté a eu lieu à l'Assemblée sur la réintroduction en France des néonicotinoïdes

Un vote contesté : des néonicotinoïdes pour sauver les betteraviers

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Un vote contesté : une autorisation vraiment temporaire ?

 

Pour sauver la filière des betteraviers français, qui permettent de produire du sucre, le Gouvernement a imposé un vote contesté. Celui d’autoriser à nouveau l’usage d’un insecticide très controversé, à base de néonicotinoïdes. A l’Assemblée nationale, parmi les députés, un débat houleux a marqué cette décision.

 

Un choix sans alternative

Un vote contesté a eu lieu à l'Assemblée pour réintroduire momentanément en France l'usage des néonicotinoïdes

Un vote contesté a eu lieu à l’Assemblée pour réintroduire momentanément en France l’usage des néonicotinoïdes

Pour faire accepter l’usage momentané des néonicotinoïdes, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a présenté cette dérogation comme l’unique moyen de sauver une filière agricole en danger. Celle des betteraviers français. Hier, l’argument phare du ministre a été celui de protéger notre « souveraineté ». Mais cette justification n’a pas convaincu les opposants à la réintroduction de cet insecticide. En effet, s’il a été interdit en 2018, c’est parce qu’il tue les abeilles. Par conséquent, même pour éliminer le puceron qui affaiblit actuellement les betteraves sucrières, ce pesticide reste nocif pour l’environnement. Bien que le Gouvernement se justifie par une dérogation. Prévue dans le règlement européen sur les phytosanitaires. Cependant, pour les opposants à cette mesure, elle reste un rétropédalage. Tant pour La France Insoumise que pour le Rassemblement National. Ce qui explique le vote contesté d’hier.

Pour préserver une filière menacée

D’après Julien Denormandie, ce vote contesté n’aurait pas d’autre alternative. Car aucun autre produit sanitaire ne serait capable d’empêcher la « jaunisse » des betteraves. De plus, le ministre de l’Agriculture a mis en avant que les betteraviers français représentaient aujourd’hui 46.000 travailleurs. Donc, à ses yeux, préserver leur emploi est prioritaire. Par ailleurs, protéger ce métier permettra d’éviter à la France des importations massives de sucre étranger. Produit en Belgique, en Allemagne ou en Pologne. Globalement, ce texte n’a pas du tout convaincu les députés de gauche. D’ailleurs, ces derniers ont maintenu leur refus. En dernier recours, Dominique Potier, député socialiste de Meurthe-et-Moselle, a réclamé une autre solution. Pour que la filière de la betterave puisse bénéficier d’une « transition économique, sociale et écologique ».

Une décision encore très critiquée

En conclusion, les écologistes restent opposés à ce projet de loi, vivement critiqué. De fait, ses opposants voient en lui une régression. Qui reste très gênante pour l’exécutif. Surtout à l’heure où les demandes de la Convention Citoyenne font l’actualité. Pour limiter les conséquences de ce vote contesté, un Conseil de surveillance de cette pratique sera mis en place. Ainsi, il surveillera l’effet de l’insecticide interdit sur les abeilles.