Les repas servis dans les cantines scolaires doivent maintenant respecter une législation qui risque d'être problématique.

Repas dans les cantines scolaires : une législation problématique ?

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Le projet de loi « Climat et Résilience », examiné par la Commission spéciale de l’Assemblée nationale en mars dernier, intègre un chapitre sur la restauration collective. Donc, les repas servis dans les cantines scolaires. Ainsi, ce chapitre comporte un volet intitulé « Se nourrir ». Ce projet fait suite aux dispositions qui figurent déjà dans la loi EGalim. Cependant, sur le terrain, les professionnels chargés de préparer les repas craignent des difficultés réelles pour respecter cette évolution.

De fortes difficultés à prévoir

Les repas servis dans les cantines scolaires doivent maintenant respecter une législation qui risque d'être problématique pour les petites communes.

Les repas servis dans les cantines scolaires doivent maintenant respecter une législation qui risque d’être problématique pour les petites communes.

Dans ce projet de loi, depuis novembre 2019, l’article 59 envisageait d’inclure au moins un repas végétarien hebdomadaire dans la restauration collective publique. Par conséquent, cette expérimentation a commencé à s’appliquer aux repas dans les cantines scolaires. Précédemment, cette initiative a déjà entraîné une première évaluation en mai 2021. Aujourd’hui, un nouveau changement est prévu. Il préconise de proposer un repas végétarien quotidien.Toutefois, pour les professionnels, cette possibilité devrait rester volontaire et pas obligatoire. En pratique, elle se limiterait au périmètre de la restauration collective dont les collectivités territoriales ont la charge.

Un aménagement inaccessible pour les petites communes

Au quotidien, cette évolution implique pour les cantines de préparer deux menus différents, dont un sans viande, au lieu d’un seul. Certes, cette difficulté peut s’atténuer grâce à une inscription préalable des élèves choisissant cette formule. Mais au final, dans les écoles primaires, qui servent environ 300 millions de repas par an, ce dispositif pourrait représenter environ 10 % des repas de la restauration collective. Or, pour les petites communes ne disposant pas d’un personnel suffisant, cet aménagement des repas dans les cantines scolaires risque d’être inapplicable. Par la suite, cette nouvelle disposition sera évaluée et ses conclusions seront transmises au Parlement. Notamment, pour établir un bilan sur le gaspillage alimentaire et l’acceptabilité de ces repas sans viande. Sans oublier leurs coûts, ainsi que leur équilibre nutritionnel et leur qualité.

Repas dans les cantines scolaires : un respect renforcé de la qualité alimentaire

En plus de l’offre qui proposera des repas végétariens dans les cantines scolaires et universitaires, et la restauration collective privée, ce projet de loi contient aussi l’article 60. Celui-ci veut imposer dès 2025 qu’au moins 50 % des produits utilisés dans les repas soient d’origine durable. Cela, afin de garantir leur qualité. Ainsi, au moins 20 % des produits cuisinés devront être biologiques. Cette disposition ferait alors écho aux dispositions de la loi EGalim. Il est prévu qu’elle s’applique à tous les services de la restauration collective privée non encore concernés. Par conséquent, à tous les restaurants d’entreprise et à ceux des cantines des crèches et garderies. De même qu’aux établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu’aux cliniques. Ce grand chantier alimentaire sera donc de longue haleine.