Une réouverture des écoles est prévue en mai 2020

Réouverture des écoles : une décision trop rapide ?

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Réouverture des écoles : l’opinion reste très divisée

 

L’annonce faite par Emmanuel Macron concernant la réouverture des établissements scolaires le 11 mai suscite aujourd’hui beaucoup d’interrogations. En effet, cette décision inquiète les syndicats et de nombreux élus. De droite comme de gauche.

 

De trop nombreuses zones floues

Selon l’annonce télévisée du chef de l’Etat, à partir du 11 mai, les crèches, les lycées et collèges, ainsi que les écoles, vont rouvrir « progressivement ». Rappelons que ces établissements ont fermé le 16 mars. Mais pour de nombreux syndicats d’enseignants et certains élus, cette réouverture des écoles comporte de trop nombreuses zones floues. D’autant plus que dans l’enseignement supérieur, la reprise des cours aura lieu en septembre. Pour le chef de l’État, ce redémarrage en mai devrait permettre de stopper une fracture numérique injuste. En effet, actuellement, celle-ci pénalise énormément d’enfants « des quartiers populaires et dans nos campagnes […] ». Ainsi, comme dans certains foyers les parents ne peuvent pas aider leurs enfants à faire leurs devoirs, ces enfants « doivent pouvoir retrouver le chemin des classes ».

Quelles mesures de protection prévues ?

Dessin d'un professeur placé devant un tableau noir symbolisant la réouverture des écoles

La réouverture des écoles prévue le 11 mai est jugée prématurée par beaucoup d’enseignants.

Cependant, pour que cette réouverture des écoles se passe au mieux, le chef de l’État a donné des « précisions ». Des précisions pourtant jugées trop sommaires par l’opposition et de nombreux professeurs. Ainsi, même si Emmanuel Macron a expliqué que « le Gouvernement aura à aménager des règles particulières, et organiser différemment le temps et l’espace […] », cette annonce est loin de faire l’unanimité. Pourtant, le chef de l’Etat a spécifié qu’il voulait « bien protéger nos enseignants et nos enfants, avec le matériel nécessaire. » De plus, cette « bonne organisation » s’appliquera aussi aux examens et aux concours. Actuellement, depuis le 16 mars, à cause du confinement, environ 12,5 millions d’élèves et 2,6 millions d’étudiants doivent suivre leurs cours à distance. Cette situation inédite a notamment conduit à supprimer l’épreuve du BAC. Cette année, cet examen majeur, ainsi que le brevet, sera exceptionnellement remplacé par un système de contrôle continu.

Un dispositif de sécurité à préciser pour la réouverture des écoles

Pour Benoît Teste, Secrétaire général de la FSU, première Fédération syndicale de l’Education, le Plan de réouverture des écoles annoncé par Emmanuel Macron demeure « encore flou ». En effet, il ne précise pas quelles mesures sanitaires seront prises pour empêcher que le Covid-19 « circule parmi les élèves ». De fait, la nécessité d’alléger le nombre d’élèves par classe devra rapidement être discutée, avant la réouverture effective. Car enseigner à 35 élèves en moyenne ne sera plus possible. A cause de la distanciation sociale. Aujourd’hui, les attentes sur le dispositif sanitaire prévu suscitent beaucoup d’inquiétudes. Notamment, à cause des craintes d’un rebond possible du virus, dans les prochaines semaines. Ce qui placerait les enseignants en première ligne, face à des enfants parfois contaminés, mais asymptomatiques. Face à ce risque, certains syndicats de professeurs vont jusqu’à parler « d’enseignants sacrifiés ». Par conséquent, les craintes restent très fortes.