Le port du masque de protection est désormais surveillé dans le métro et dans les bus.

Port du masque : des images vidéo enregistrées de façon éphémère

13249

,Port du masque : des contrôles réalisés grâce à des caméras

Depuis le 11 mai, la RATP a décidé de vérifier si le port du masque était respecté dans le métro à Paris. Ainsi, à la station Châtelet, des caméras enregistrent le comportement des voyageurs et les éventuels contrevenants. Une façon d’établir d’obtenir un taux précis. Cependant, cette technologie inquiète certaines associations.

Contrôler le port du masque : des tests qui pourraient s’étendre

Depuis le 23 avril, ce type de contrôle sur le port du masque de protection en milieu urbain existe aussi à Cannes. De fait, cette technique basée sur l’usage de caméras permet de détecter si les clients des trois principaux marchés de la ville respectent cette consigne sanitaire. Par ailleurs, cette surveillance existe aussi dans les bus de la ligne locale Palmbus. A Paris, si la station Châtelet a été choisie, c’est parce que son trafic considérable engendre le passage quotidien de centaines de milliers d’usagers. Ainsi, six caméras de surveillance bien placées servent aujourd’hui à établir des statistiques fiables. Cela, grâce aux images qu’elles enregistrent.

Une startup française

Derrière cette expérimentation, la startup française Datakalab,  spécialisée dans le secteur de l‘Intelligence Artificielle, est aux commandes. De fait, elle a mis en place tout le support technique nécessaire. A Châtelet, le test que la RATP effectue devrait durer trois mois. Par la suite, le nombre des caméras utilisées pourrait doubler.

Quelle protection des données enregistrées ?

Des contrôles via des caméras sur le port du masque de protection ont commencé dans certains bus et le métro.

Des contrôles via des caméras sur le port du masque de protection ont commencé dans certains bus et le métro.

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, la CNIL, a été informée de ce test parisien avant son démarrage. En outre, des autocollants posés dans la station Châtelet, informent les voyageurs qu’ils sont filmés. La validation du test ouvre la porte à une extension aux stades et aux aéroports. Officiellement, son but n’est que de produire des statistiques. Au niveau pratique, les images enregistrées par les caméras sont transmises à des ordinateurs externes. Ces derniers peuvent alors comptabiliser, avec l’aide d’un algorithme, les visages qui portent ou pas un masque. A ce sujet, les développeurs de Datakalab insistent sur le caractère éphémère des images enregistrées, rapidement effacées par la suite. Il n’y a donc, aucune vidéo ni conservée ni diffusée.

Un cadre précis à respecter

Malgré un respect affirmé des normes du RGPD, cette nouvelle façon d’établir des statistiques comportementales inquiète des associations de protection des libertés. Notamment, la Quadrature du Net. Celle-ci s’inquiète des extensions possibles de cette pratique de surveillance. Par exemple le contournement un jour de l’anonymisation actuelle des images. Cela pourrait alors servir à identifier précisément les personnes filmées. Aujourd’hui, les actions concrètes engagées à Cannes ne sont qu’un encouragement à respecter le port du masque. Voire, éventuellement, à en fournir aux personnes qui n’en ont pas. Pour l’instant, la RATP a déclaré que cette pratique ne pourrait qu’entraîner plus de distributions de masques de protection gratuits. Néanmoins, la CNIL et diverses associations veillent.