La modération des propos haineux publiés sur Internet devrait s'améliorer.

Modération des propos haineux : une charte pour assainir Internet

4486

Modération des propos haineux : des garde-fous plus clairs

Lors du dernier G7 à Biarritz, la modération des propos haineux sur Internet a été l’un des thèmes importants abordés. Une charte de bonne conduite est ressortie de ces échanges. Tous les pays présents du G7 l’ont signée, sauf les États-Unis. Une abstention remarquée.

La France en première place

A l’évidence, la France tient à jouer le premier rôle dans la modération des propos haineux mis en ligne. Grâce à son action, les contenus trop violents et les déclarations excessives devraient diminuer, voire être progressivement supprimés. A ce sujet, les rencontres du G7 à Biarritz ont permis de publier officiellement une charte préventive. Son but est de garantir « un Internet ouvert, libre et sûr ». Ce texte a été validé et approuvé par plusieurs acteurs essentiels du Net. Notamment par Google, qui gère You Tube, par Facebook et Twitter. Tous les pays présents au G7 l’ont signé, excepté les États-Unis. Cedric O, secrétaire d’Etat au Numérique, a expliqué dans une interview donnée au Figaro la fonction de cette charte numérique. Essentiellement, elle a pour objectif de responsabiliser les plateformes sur les contenus qu’elles publient. En résumé, elle obéit à quatre principes clés. A savoir : la liberté d’expression, la protection des victimes, le retrait immédiat des contenus terroristes et la modération des propos haineux.

Les Etats-Unis en retrait

La modération anti-haine sur Internet s'est dotée d'une charte numérique.

Le G7 a validé une charte numérique destinée à renforcer le contrôle des textes haineux sur le Web.

Les points de vue défendus lors des débats ont montré des approches et des préoccupations très différentes selon les pays. Ainsi, pour les États-Unis, Donald Trump a montré une préoccupation plus grande concernant la censure politique sur les réseaux sociaux que pour la répression des contenus terroristes. Pourtant, les groupuscules américains d’extrême droite représentent une menace très forte d’actions violentes. Finalement, après avoir accepté de participer aux discussions sur la charte, les États-Unis ne l’ont pas signée. Néanmoins, du côté français, Cédric O est resté positif. Ainsi, il a déclaré, malgré l’abstention des Américains, qu’il était important que le contenu de cette charte « […] se traduise au niveau européen ».

Une réactivité à mieux définir

En définitive, lors de ce G7, la modération des propos haineux sur Internet a fait l’objet de débats intenses. Toutefois, des points cruciaux sont restés sans réponse. Notamment, celui d’un délai légal à respecter pour faire retirer les contenus extrémistes. Pour l’instant, seuls les textes identifiés comme faisant l’apologie du terrorisme ont provoqué la sanction d’un retrait « immédiat ». A l’évidence, le thème de la modération des propos haineux est apparu comme particulièrement important aux yeux du président Macron. Son souci d’établir une régulation efficace des débordements sur le Web a clairement été ressenti. D’ailleurs, il faut rappeler que la France a déjà adopté cet été une loi pour bloquer la haine en ligne. Ce texte comporte notamment une obligation pour les grandes plateformes de retirer sous 24 heures tout contenu « manifestement haineux ».

Le Bulletin des Communes suggère aussi de lire l’article de Challenges :



Journaliste spécialiste des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Collaborateur permanent du Bulletin des Communes et chef de rubrique.


Laisser un commentaire