Inquiétude des chauffeurs routiers : un mouvement social possible

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Inquiétude des chauffeurs routiers : des conditions de travail inacceptables

Après dix jours d’attente, l’inquiétude des chauffeurs routiers a atteint un point de non-retour. De fait, ils exigent de retrouver un bon accueil dans les stations-services, les sanitaires et les restaurants habituellement réservés à leur profession. En effet, la peur de la contamination par le coronavirus les empêche d’en profiter comme avant. De plus, les routiers réclament que leur activité ne serve plus maintenant qu’à des transports essentiels.

La menace d’un droit de retrait

Si leurs exigences n’étaient pas entendues, les chauffeurs routiers pourraient exercer très rapidement leur droit de retrait individuel. Ainsi, Patrick Blaise, Secrétaire général FGTE/CFDT UF Route, demande à l’exécutif, en urgence, que les routiers soient mieux protégés contre le Covid-19. En effet, aujourd’hui, ils ne disposent toujours pas des protections nécessaires. Cette carence touche aussi les salariés des entrepôts logistiques. Alors que leur travail est actuellement essentiel à l’acheminement des produits alimentaires, du matériel médical et des produits pharmaceutiques. Dorénavant, l’inquiétude des chauffeurs routiers pousse cette profession à faire réagir le ministère de la Transition écologique et solidaire. De fait, cette filière estime qu’en ce moment « l’économie prévaut sur la santé et la vie humaine. »

Des décès déjà constatés

Les chauffeurs routiers ont menacé le Gouvernement d'exercer leur droit de retrait.

Les chauffeurs routiers ont menacé le Gouvernement d’exercer leur droit de retrait.

Selon la CFDT, des décès dus au Covid-19 ont déjà été constatés dans d’importantes bases logistiques. Ainsi, un intérimaire de 60 ans serait mort dans le plus grand hub Fedex d’Europe, situé à Roissy-Charles de Gaulle. Cela, malgré l’appel des organisations syndicales à « […] arrêter l’activité considérée comme non essentielle sur ce site ». Essentiellement, des envois de produits de luxe, commandés massivement sur Amazon. Cette situation fait que pour les syndicats « On envoie des soldats au front sans fusil. » De ce fait, de nombreux employés viennent travailler « la peur au ventre ». Ce malaise s’ajoute aujourd’hui à l’inquiétude grandissante des chauffeurs routiers. Dernièrement, le responsable syndical Patrick Blaise a demandé que « […] 75 % des salariés soient confinés chez eux pendant 15 jours minimum. »

Un arrêt de travail de deux semaines

Pour les partenaires sociaux, un arrêt de travail des chauffeurs routiers est devenu nécessaire. Ainsi, ce délai devrait laisser le temps au Gouvernement de distribuer des masques à tous les chauffeurs exposés. Et d’établir des priorités, afin d’éviter désormais les transports non essentiels. De plus, dans les circonstances actuelles, les fédérations syndicales FO, CFDT et CFTC ont demandé que les autoroutes soient gratuites pour les professionnels de la route. Par ailleurs, ces syndicats réclament d’accéder à nouveau aux stations-services, aux aires de repos et aux restaurants de routiers. Enfin, ces fédérations veulent que les personnels qui utilisent des ambulances privées, servant à transporter des malades contaminés par le coronavirus, bénéficient de protections identiques à celles des urgentistes. Cela ferait baisser leurs craintes. De même que l’inquiétude des chauffeurs routiers. Sans ces précautions généralisées, un retrait collectif des routiers pourrait se déclencher.




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