Désinfection des rues : une tentative pour faire reculer l’épidémie

11412

Désinfection des rues : une pratique utile ?

 

Dans le Sud de la France, plusieurs villes françaises ont décidé d’expérimenter la désinfection des rues, pour tenter de stopper la diffusion du coronavirus. Parfois, cette mesure est également appliquée à tout le mobilier urbain. C’est notamment le cas à Montauban. Malgré tout, d’autres villes s’interrogent toujours sur l’utilité de cette pratique.

 

Renforcer la propreté

Cette désinfection des rues a commencé à Nice, puis à Cannes, Menton, Montauban et Monaco. Cette réaction sanitaire, dont le but est de contrer la propagation du Covid-19, s’inspire d’une pratique déjà adoptée dans certaines villes chinoises. De plus, elle a aussi été adoptée en Corée du Sud et en Italie. Ainsi, depuis lundi dernier, en plus du confinement et des gestes barrières, cette désinfection des rues est parfois menée assidûment. Elle est basée sur un principe d’hygiène simple. A savoir, la pulvérisation d’eau javellisée par les employés chargés de la propreté des rues et de l’entretien urbain. Pour cela, cette technique préventive a obtenu l’aval des maires et des préfets concernés. Ces derniers ont donc accordé une dérogation, pour procéder à ce nettoyage plus approfondi. Principalement en centre-ville. Dans certains endroits, ce nettoyage en règle est même appliqué aux bus et aux bancs publics.

Une efficacité peut-être relative

Cependant, une question demeure : cette désinfection des rues, plus poussée que d’habitude, est-elle vraiment efficace ? Selon les autorités sanitaires et plusieurs médecins, l’utilité de cette pratique serait difficile à démontrer. Certains la mettent même en doute. En effet, la durée de survie possible du coronavirus sur un trottoir est à ce jour mal connue. Interrogée à ce sujet, l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France avoue ne disposer d’aucune information précise. Toutefois, elle affirme qu’au bout de quelques heures « la grande majorité du virus meurt et n’est probablement plus contagieuse. » Par ailleurs, aucune contamination par les chaussures n’est pour l’instant connue. Ce qui pousse certaines communes à rejeter toute désinfection des rues. Du moins, tant qu’aucune preuve scientifique n’aura été validée.

Des villes dans l’expectative

En attendant, de nombreuse villes se contentent de respecter les mesures sanitaires déjà préconisées par l’Agence Régionale de Santé. De fait, elles préfèrent concentrer leurs efforts sur le nettoyage des zones considérées « à risques ». Donc, surtout la proximité des Centres de santé et les toilettes publiques. Mais en aucun cas des rues complètes. Tant que de nouvelles directives n’auront pas été données, de nombreuses villes, comme Toulouse, se contenteront de respecter les anciennes règles en vigueur. Toutefois, dans certains lieux, un renforcement de mesures d’hygiène dans les cuisines collectives et les EHPAD est parfois appliqué.

Quel impact réel sur l’environnement ?

Vouloir améliorer la protection des habitants par une désinfection des rues est une idée compréhensible. Cependant, cette désinfection plus poussée des espaces publics pourrait aussi avoir des retombées négatives sur l’environnement. En effet, l’usage intensif de l’eau de Javel, même diluée, n’est pas sans risque. D’ailleurs, certaines associations s’en inquiète déjà et elles réclament plus de prudence.




Laisser un commentaire