Des copies dangereuses d'accessoires pour smartphones sont parfois vendues par des enseignes connues.

Copies dangereuses : des accessoires high tech qui font courir des risques

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Copies dangereuses : des imitations très trompeuses

Récemment, deux enquêtes conjointes du mensuel UFC-Que Choisir et de 60 Millions de Consommateurs ont mis en garde les consommateurs contre la mauvaise qualité de certaines imitations d’accessoires pour smartphones. Vendues à des prix attractifs, beaucoup moins élevés que leurs modèles, ces copies sont parfois proposées par de grandes enseignes. Or, elles peuvent être à la fois dangereuses, ou de très mauvaise qualité.

DES accessoires high tech aux performances déficientes

Principalement, ces deux études portaient sur de faux AirPods, les écouteurs sans fil d’Apple, et des chargeurs destinés aux téléphones portables. Toutes ces imitations, majoritairement chinoises, prétendent offrir les mêmes services que les marques officielles. Or, comme ces accessoires sont coûteux, les consommateurs sont tentés de se tourner vers des contrefaçons, très bon marché. De plus, celles-ci sont parfois esthétiquement très réussies. Cependant, les deux études d’UFC-Que Choisir et de 60 Millions de Consommateurs démontrent que la qualité de ces produits est largement déficiente. Ce qui peut rendre ces copies dangereuses.

Des règles de sécurité ignorées

Pour réduire leurs coûts, certains fabricants n’ont aucun scrupule à ignorer des règles de sécurité élémentaires. Pourtant, en majorité, elles sont essentielles. Concernant les chargeurs, l’enquête réalisée par UFC-Que Choisir a analysé vingt copies. Leurs prix s’échelonnaient entre 1 et 35 euros. De plus, elles sont vendues par des enseignes très populaires (Auchan, Boulanger, E. Leclerc…). Parmi ces appareils, seulement quatre étaient conformes aux normes de sécurité à respecter.

Des chargeurs pouvant provoquer des accidents graves

Parmi les vingt chargeurs testés, certains n’indiquaient aucune marque. Ou encore, aucune instruction d’utilisation. Pourtant, cela est obligatoire. Plus problématique, onze de ces chargeurs présentaient de réelles carences en matière de protection électrique. Ainsi, ils n’étaient pas protégés contre les courts-circuits, ou contre d’éventuelles surcharges de courant. De fait, leur isolation était insuffisante. Parfois, ils contenaient aussi des connecteurs mal fixés. Pour les consommateurs, ces anomalies exposent à des risques d’incendie, voire à des électrocutions.

Des copies dangereuses qui rendent les accidents possibles

Des copies dangereuses, aux prix très attrayants, sont proposées aujourd'hui sur le marché du high tech.

Des copies dangereuses, aux prix très attrayants, sont proposées aujourd’hui sur le marché du high tech.

Ces carences sont très préoccupantes, lorsque l’on sait que des chargeurs peuvent engendrer des accidents graves. Ainsi, aux Pays-Bas, en 2016, ces appareils ont causé le décès de 47 personnes. Par ailleurs, ils ont entraîné des brûlures chez 75.000 utilisateurs. En conclusion, l’association de protection des consommateurs rappelle qu’un constructeur doit obligatoirement indiquer des informations basiques sur ses produits. A savoir, au minimum, la fréquence, la tension et le courant à utiliser. Enfin UFC-Que Choisir rappelle qu’il est préférable de débrancher un chargeur durant la nuit. En conclusion, le mensuel conseille de privilégier les chargeurs fabriqués par le constructeur d’origine.

Se méfier aussi des grandes enseignes

En conclusion, ces deux études démontrent que les prix élevés des accessoires high tech ne sont pas seulement dus à des abus commerciaux, pratiqués par les grandes marques. En effet, des tarifs plus élevés permettent aussi, dans de nombreux cas, de se protéger contre des copies dangereuses. Par ailleurs, ces tests révèlent qu’il faut aussi se méfier des produits proposés par de grandes enseignes, parfois laxistes en matière de qualité. Enfin, ces deux enquêtes démontrent que l’aspect d’un appareil, parfois très bien imité, ne suffit pas pour faire son choix.



Journaliste spécialiste des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Collaborateur permanent du Bulletin des Communes et chef de rubrique.