Appel à la grève : la CGT des services publics dépose un préavis

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Appel à la grève : pas de trêve sociale pour la CGT

Suite à la mise en place de la récente loi d’urgence sanitaire, la CGT des Services publics a lancé un appel à la grève. En effet, d’après la Confédération Générale du Travail, ce texte gouvernemental comporte « des mesures antisociales » qu’elles jugent inadmissibles.

Un refus marqué

Malgré l’actuelle crise sanitaire, engendrée en France par l’épidémie de coronavirus, la CGT des Services publics vient d’exprimer son total désaccord avec certaines dispositions incluses dans la loi d’urgence sanitaire. Celle-ci a été adoptée ce jeudi 26 mars. La Fédération a donc lancé un appel à la grève. Pour cela, elle a déposé un préavis pour le mois d’avril. Ce préavis s’adresse à tous ses adhérents. Parmi eux, on compte des employés travaillant dans les secteurs de l’assainissement, des traitements des déchets et de l’eau. Ainsi que des fonctionnaires territoriaux et des salariés dédiés à la filière des logements sociaux. En tout, cela représente 85.000 travailleurs.

Une lettre envoyée

Pour se faire entendre, la Fédération a envoyé une lettre à trois élus. A savoir, à Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, à Olivier Dussopt, chargé de la réforme de la Fonction publique, et à Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. Par son appel à la grève, la CGT des services publics tient à contester des mesures qu’elle juge « antisociales ». Plus précisément, qu’elle estime contraires « à la solidarité et à la vie des salariés ». Pour le syndicat, certaines des récentes décisions prises constituent des « dérogations antidémocratiques » et des « attaques au statut et au droit du travail ».

Des reproches sur les choix gouvernementaux

Par ailleurs, la CGT tient à dénoncer des choix gouvernementaux qui, selon elle, ont entraîné les manques actuels de masques de protection, de tests médicaux et de gels hydroalcooliques. A ce sujet, le syndicat remarque qu’à l’inverse les équipements destinés à réprimer les manifestations (lanceurs de balles de défense, gaz…) ne sont pas « en rupture de stock ». Pour la Fédération, ces différences d’approvisionnement démontrent des priorités dans les « préoccupations et intérêts de l’État et des capitalistes ». D’où son appel à la grève.

Un mouvement social inattendu

Un appel à la grève pour le mois d'avril a été déposé par la CGT.

Un appel à la grève pour le mois d’avril a été déposé par la CGT.

Lors d’une interview donnée au Parisien, Olivier Dussolt, secrétaire d’État à la Fonction publique, a avoué sa surprise face à l’appel à la grève de la CGT. Surtout vu les circonstances présentes. En effet, Olivier Dussolt a confirmé qu’à cause de la crise sanitaire en cours “toutes les fédérations syndicales ont suspendu les préavis de grève […].” De plus, elles ont « renoncé à déposer un nouveau préavis pour le mois d’avril ». Cela, pour permettre à la France de prendre en charge l’épidémie de coronavirus. En raison de cette crise sanitaire inédite, la CGT Finances publiques avait notamment accepté, pour le moment, d’interrompre toute action.

Un entêtement assumé

Par ailleurs, cet appel à la grève intervient alors que le projet de réforme des retraites vient d’être suspendu. Malgré ce geste conciliant de l’exécutif, Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, soutient la décision de sa Fédération. Pour lui, elle concernera « […] les secteurs où les protections ne sont pas assurées ». D’après Natacha Pommet, Secrétaire générale des Services publics, ce préavis constitue « […] un dernier recours (pour les) personnels de faire valoir leurs droits s’ils ne se sentent pas protégés dans l’exercice de leur travail. » Maintenant, en avril, vu les circonstances exceptionnelles auxquelles le pays doit faire face, il est difficile de prévoir si cet appel à la grève sera entendu.

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