Violences contre les maires : une banalisation inquiétante

9543

Violences contre les maires : un phénomène croissant

D’après les chiffres officiels, au cours de l’année 2018, 361 maires ont été agressés verbalement. De plus, dans 40 % des cas, ces agressions ont même été physiques. L’année dernière, pour endiguer cette montée inquiétante des violences contre les maires, le Gouvernement a décidé de renforcer le dispositif juridique qui régit les collectivités locales.

Un sentiment d’abandon

Depuis plus d’un an, les élus locaux sont confrontés à une montée en puissance très alarmante des menaces qu’ils subissent. Ainsi, les agressions verbales et les insultes auxquelles ils doivent faire face peuvent parfois s’accompagner de menaces de mort. Voire directement de coups. Ainsi, l’été dernier, Daniel Ancel, premier adjoint au maire de Lalaye, dans le Bas Rhin, a été menacé de mort par un homme qui venait de s’installer dans sa commune alsacienne. Un incident sérieux, que l’élu a décidé de porter en justice. Dorénavant, les principaux intéressés sont tous unanimes pour réclamer des sanctions légales plus fortes. Car ils ne se sentent pas assez protégés en cas d’agression directe.

Quelle prise en charge des violences contre les maires ?

Lorsqu’ils sont victimes de troubles post-traumatiques, les élus ne bénéficient actuellement d’aucune prise en charge de l’État. Le plus souvent, seul le soutien de l’équipe municipale en place, et celui de la population locale, les aide à surmonter ces moments très difficiles. Mais un fort sentiment de solitude et d’abandon demeure, face aux violences contre les maires.

Des cas inadmissibles

Les échanges violents entre des élus et ds administrés peuvent parfois prendre un tour dramatique. Ainsi, en août dernier, ces violences contre les maires ont abouti à une tentative d’incendie. Celle-ci a été commise contre le domicile de Michel Arnould, le maire de Verberie. Cette petite commune industrielle de l’Oise, d’environ 4.000 habitants, n’avait jamais connu un pareil incident. Avant cela, ce maire avait été menacé de mort par des squatters qu’il voulait expulser. L’élu avait alors mesuré sa grande fragilité et celle de sa famille, dans de pareilles circonstances. Alors qu’il était officiellement censé incarner l’ordre public, en défendant juste l’intérêt général. En parallèle, le même été, un point de non-retour a été atteint avec le meurtre de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes, dans le Var. Un fait divers dramatique, survenu alors que cet élu tentait simplement d’empêcher un dépôt sauvage d’ordures dans sa commune.

De nouveaux outils légaux

Les violences contre les maires, malheureusement, se banalisent.

Les violences contre les maires, malheureusement, se banalisent.

Pour répondre aux inquiétudes légitimes des élus, face aux violences contre les maires, le Gouvernement a décidé d’étendre leurs droits. Cela, dans le cadre du projet de loi sur l’engagement dans la vie locale. Ainsi, celui-ci a dernièrement été présenté au Sénat. Désormais, il comprend de nouvelles mesures. De fait, les maires ont maintenant la possibilité d’infliger eux-mêmes des amendes, grâce à un pouvoir de police renforcé. Notamment, en donnant des amendes plafonnées à 500 €, en cas de dépôts sauvages d’ordures. Cette sanction est également applicable en cas d’occupation abusive de l’espace public. Par ailleurs, Sébastien Lecornu, ministre des collectivités locales, a demandé à l’Etat de prendre désormais en charge les accompagnements psychologiques nécessaires, pour les maires agressés.

Une protection juridique utile

Enfin, ce projet de loi a rendu obligatoire la protection juridique des élus. Notamment s’ils sont contraints de s’engager dans une procédure judiciaire, suite à des violences contre les maires. De fait, cette nouvelle disposition s’étendra également aux élus des petites communes. Par exemple, si un maire est obligé d’entreprendre une action de justice contre un administré.




Laisser un commentaire