Risques de pénurie : le carburant peut-il manquer ?

Risques de pénurie : le carburant peut-il manquer ?

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Risques de pénurie : des signes de contestation sociale

A ce jour, la raffinerie de Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône, est à l’arrêt. De plus, depuis le début de la semaine dernière, des assemblées générales ont lieu dans trois autres raffineries. Pour le moment, malgré ces tensions sociales, des risques de pénurie ne sont pas encore à craindre. Cela, grâce aux stocks de réserve stratégiques prévus France. Mais le conflit pourrait se durcir.

Des tensions croissantes

Actuellement, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, la contestation sociale dans les raffineries fait peser des risques de pénurie de carburant sur les automobilistes. De fait, la vive contestation contre la réforme des retraites, qui secoue aujourd’hui les transports, pourrait s’étendre à cet autre secteur de production. En effet, la CGT Chimie a annoncé le 22 décembre dernier que la raffinerie de Lavéra était en cours d’arrêt. Or, ce blocage dure maintenant depuis plusieurs jours. Pour le moment, différentes assemblées générales qui envisagent d’autres arrêts de production ont lieu sur trois sites. Il s’agit des raffineries de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, de Grandpuits, en Seine-et-Marne, et de Feyzin, dans la métropole de Lyon. En cas d’arrêt complet, la moitié de la production de carburant française serait alors stoppée. Selon les syndicats, ces tensions sociales dans les raffineries sont provoquées par l’attitude du Gouvernement. Car l’exécutif n’aurait pas répondu à un « ultimatum ». Cette discorde pourrait entraîner une crispation de la mobilisation. Néanmoins, aujourd’hui, le pays dispose d’importants stocks de carburants. Ils sont capables d’alimenter plusieurs dizaines de jours de consommation d’essence.

Des comportements de crainte

Des risques de pénurie d'essence couvent dans le pays, dus à certaines raffineries qui pourraient s'arrêter.

Des risques de pénurie d’essence couvent dans le pays, dus à certaines raffineries qui pourraient s’arrêter de produire.

Pour l’instant, les risques de pénurie sont surtout causés par le comportement des automobilistes. En effet, beaucoup d’entre eux, aux pompes, font de nombreux pleins, au maximum, par crainte de manquer de carburant. De ce fait, certaines stations-essence se sont déjà retrouvées en rupture de stock. Cela, en raison d’une consommation anormale, due à l’inquiétude. Cependant, aujourd’hui, avant de se déplacer, il est possible s’assurer que les stations sont bien approvisionnées. Pour cela, il suffit de consulter le site. Ce site fournit un état des lieux fiable des stations françaises, sur l’ensemble du territoire. Régulièrement, il est mis à jour. Ce, en temps réel. Lundi dernier, ce site faisait apparaître que 106 stations-essence étaient en rupture totale. Notamment en Bretagne. Par ailleurs, près de 340 d’entre elles étaient en rupture partielle.

Vers une convergence des contestations ?

Au début du mois de décembre, les automobilistes ont pu constater qu’environ 300 stations-service étaient effectivement vides. A l’époque, en Bretagne, cette situation était due aux professionnels du BTP. De fait, cette profession a bloqué plusieurs dépôts pétroliers de l’ouest du pays. Notamment, à Brest, Lorient et Vern-sur-Seiche, près de Rennes. Ces actions ont été menées pour protester contre la fin prévue d’un avantage fiscal sur le carburant. Celui-ci profitait jusqu’à présent au secteur du BTP. Désormais, le mouvement social qui touche les raffineries pourrait rejoindre celui du refus de la réforme des retraites, mené depuis le 5 décembre dans les transports ferroviaires. Ainsi, des risques de pénurie pourraient apparaître. Cela constituerait alors une convergence des contestations, souhaitée par certains syndicats.