Des radars cachés dans des voitures banalisées sont le nouveau système utilisé pour contrôer la vitesse sur les routes.

Radars cachés : le développement des voitures banalisées

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Radars cachés : pour flasher sans flash apparent

Des voitures-radars appartenant à des sociétés privées sont en train de se développer sur tout le territoire. De fait, ce nouveau dispositif de radars cachés, indétectables pour les automobilistes, sera généralisé à l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année.

L’essor des société privées

Désormais, tout comme le stationnement dans les agglomérations, les contrôles routiers concernant la vitesse seront de plus en plus confiés à des sociétés privées. L’année dernière, ce nouveau dispositif a été lancé dans l’Eure, avec une trentaine de voitures. Il a été inauguré par le ministère de l’Intérieur et le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe. Les premiers prototypes de ces voiture banalisées, munies de radars cachés, sont testés depuis février 2017. A l’époque, Emmanuel Barbe avait déclaré au sujet de ce nouveau procédé qu’il ne poursuivait « […] aucun objectif financier. Le seul est d’épargner des vies. »

Des radars cachés dans des voitures anonymes

Désormais, sur la route, il sera très difficile de savoir si l’on a été flashé ou pas. En effet, grâce aux radars à infrarouge, la nouvelle technologie utilisée n’émet plus d’éclair lumineux. Par ailleurs, les modèles des voitures dédiées à cette tâche sont volontairement très courants. Enfin, leurs conducteurs sont habillés en civil. Ainsi, l’anonymat des contrôles est complet. Pour être opérationnels, les véhicules banalisés en activité sont équipés d’un appareil photo sur leur tableau de bord. Plus d’un radar dans leur bouclier avant.

Un équipement complet

Ainsi, grâce à cet équipement, ces voitures anonymes peuvent contrôler la vitesse des automobilistes dans les deux sens de la circulation. Elles appliquent une marge d’erreur de 10 km/heure, lorsque la vitesse enregistrée ne dépasse pas les 100 km/heure. Par exemple, un automobiliste qui se fait flasher à 91 km/heure, au lieu des 80 autorisés, sera considéré comme roulant à 81 km/heure. Dans ce cas, il sera pénalisé d’une amende de 90 €.

Des directives précises

Ces véhicules banalisés pourront être utilisés sur tous les types de routes, entre six et huit heures par jour. Leur localisation sera supervisée par un coordonnateur. Celui-ci pourra réorienter la « tournée » de ces voitures dotées de radars cachés vers des zones qu’il jugera comme étant plus ou moins à risques. Ensuite, les infractions relevées seront gérées au Centre national de traitement des infractions routières, à Rennes. Ainsi, les automobilistes flashés seront verbalisés par des policiers. En moyenne, le délai entre une infraction enregistrée et la réception d’une amende sera de quinze jours. Par ailleurs, les sociétés privées employées ne seront pas rémunérées au nombre de flashs.

Une nouvelle méthode critiquée

Des voitures banalisées, équipées de radars cachés, vont se développer en France.

Des voitures banalisées, équipées de radars cachés, vont se développer en France.

L’arrivée de ce nouveau système de contrôle de la vitesse ne fait pas l’unanimité. Par exemple, pour Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’Automobilistes, dès que l’on confie une mission de sécurité à une société privée, « c’est un piège ». Car pour lui, tout devient alors « automatisé ». De ce fait, « Tout passe par la société privée qui conduit ces voitures. Maintenant, plus personne ne pourra me regarder dans les yeux en me disant que les radars, ce n’est pas fait pour l’argent. »

Divers opposants

D’ailleurs, ce point de vue est partagé par certains maires, qui n’hésitent pas à qualifier ces voitures banalisées de « pompes à fric ». Certains policiers contestent aussi ce nouveau procédé. Ainsi, un ancien motard a récemment déclaré sur la radio RMC « L’argument selon lequel ces voitures civiles auront un effet dissuasif, parce que les conducteurs craindront à tout moment de se faire flasher, ne tient pas. » A l’inverse, il ajoute « En revanche, la peur du gendarme sur le bord de la route existe encore. » A ce jour, environ 400 voitures équipées de radars cachés sont utilisées en France par la sécurité routière.




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