Ordre des Médecins : un faisceau d’anomalies relevé
Dans un récent rapport, datant du 9 décembre, la Cour des comptes étrille le Conseil national de l’Ordre des Médecins. Ce, en raison de trop nombreuses anomalies de fonctionnement. Voire, à cause de dérives graves. En réponse, l’Ordre a contesté ce rapport à charge, « sur le fond et la forme ».
Une analyse accablante
Pour les Sages de la rue Cambon qui ont étudié le fonctionnement interne du Conseil National de l’Ordre des Médecins, de nombreuses dérives entachent l’activité de cette institution. De fait, à leurs yeux, elle est loin d’être irréprochable. Aussi bien sur le plan financier qu’au niveau des pratiques que l’Ordre autorise. Ainsi, pour l’institution financière, la gestion de l’Ordre des Médecins se caractérise « par des faiblesses, voire des dérives préoccupantes ». La Cour réclame donc en urgence des modernisations de fonctionnement de l’Ordre, et même des « missions importantes qui justifient son existence ». En effet, pour la Cour, le respect des règles déontologiques par les médecins « sont peu ou mal exercées ». Plus grave encore, la Cour des comptes a aussi relevé que de nombreuses agressions sexuelles dénoncées en milieu médical, entre 2016 et 2017, avaient déclenché peu des sanctions pénales. De surcroît très tardives. De plus, sur la base de témoignages « souvent incomplets et insincères ». En fait, seules 12 % des plaintes enregistrées ont abouti à des radiations fermes.
Un vif rejet de l’Ordre des Médecins
Récemment, la Cour des comptes a étrillé l’Ordre des Médecins dans un rapport accablant.Face à ce faisceau de critiques très sévères, le Conseil de l’Ordre a évidemment réagi. Ainsi, dans un communiqué, il a fait savoir qu’il contestait ce rapport accablant « sur le fond et sur la forme ». De plus, il « s’étonne » que « plusieurs missions essentielles assurées par l’institution soient passées sous silence ». Enfin, l’Ordre a exprimé « son profond désaccord sur l’analyse, qu’il juge parcellaire, de l’efficacité des missions » étudiées.
D’autres anomalies accumulées
Au chapitre des anomalies financières, la Cour des comptes tire aussi la sonnette d’alarme concernant des risques fréquents de conflits d’intérêts, détectés dans le milieu médical. Notamment par rapport à la collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques. Actuellement, pour la juridiction financière, des compromissions possibles sont insuffisamment prises en compte. Par ailleurs, la Cour réclame une plus grande rigueur et une impartialité en matière de recrutements. En effet, elle déplore des pratiques courantes qui « favorisent les liens familiaux ». De plus, en termes de salaires, la Cour souligne de « […] grandes disparités de rémunérations et d’avantages sociaux ». Enfin, les recrutements actuels ignorent le principe de parité. Ainsi, à ce jour, seulement un tiers des conseillers en activité sont des femmes. Au Conseil national, ce pourcentage chute à 9 %. Une réelle anomalie. Surtout lorsqu’on sait que les femmes « […] représentent près de la moitié du corps médical, et près de 60 % des médecins nouvellement inscrits ».
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