La FNSEA s’oppose aux importations massives d’huile de palme.

La Fédération Nationale des Syndicats Exploitants Agricole (FNSEA) a lancé le 10 juin un mouvement de blocage des raffineries et des dépôts de carburant dans toute la France. Cette action s’oppose au projet de loi Agriculture et Alimentation, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Selon la Fédération, ce projet de loi est incohérent car il autorise des importations qui concurrencent la production française d’huile de tournesol et de colza.

 

fnsea-total-huile-de-palmeChristiane Lambert, présidente de la Fédération agricole, a dénoncé « […] une concurrence toujours déséquilibrée avec des produits importés ». En France, cette rivalité est particulièrement évidente avec l’exploitation de l’huile de palme, destinée ensuite à l’élaboration du carburant. Il est prévu que les raffineries reçoivent et traitent entre 300 et 400.000 tonnes d’huile de palme sur le territoire.

Le blocage décidé par la FNSEA, mené sur l’ensemble des régions françaises, vise selon la Fédération « […] des sites stratégiques, symboles des distorsions de concurrence que nous subissons. » L’un des slogans des agriculteurs en colère est : « N’importons pas une agriculture que nous ne voulons pas. »

Concernant l’exploitation autorisée de cette huile par le groupe pétrolier Total, l’accord qui a été conclu révèle des divergences au sein du Gouvernement. Pour exemple, très récemment, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a déclaré sur Europe 1 « L’avenir n’appartient pas à l’huile de palme. »

Par ailleurs, il faut rappeler que les députés européens ont voté en janvier dernier la suppression progressive de l’huile de palme dans les biocarburants d’ici 2021. La fabrication de cette huile entraîne en effet en Malaisie et en Indonésie une déforestation massive. Cette pratique agressive menace directement des espèces animales en danger, tout en affectant les populations locales.

Afin de tenter de débloquer la situation, une rencontre entre le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, et la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs a été prévu dès aujourd’hui.

Une rencontre qui s’annonce délicate, le ministre ayant dernièrement déclaré au sujet de l’accord conclu avec Total : « Le gouvernement ne reviendra pas dessus. » Cependant, il a aussi précisé que ces entretiens étaient destinés à « […] travailler ensemble à trouver des solutions ».

Le raffinement d’huile de palme qui doit être effectué cet été par Total, dans sa raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, sera sans doute abordé. Initialement, ce feu vert gouvernemental devait permettre de préserver 450 emplois.

 

 

 

 

 

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