Hausse record de l’apprentissage : l’exécutif s’en félicite

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La haussse record de l’apprentissage en France satisfait pleinement la ministre du Travail.

Hausse record de l’apprentissage : les régions estiment avoir joué un rôle déterminant

Dernièrement, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, s’est félicitée de la hausse record de l’apprentissage en France, constatée en 2019. Cependant, l’Association Régions de France considère cet enthousiasme de l’exécutif injustifié. En fait, elle dénonce carrément une manipulation.

Un enthousiasme affiché

Mardi dernier, l’analyse donnée par Muriel Pénicaud devant de nombreux acteurs de la formation professionnelle a été élogieuse pour le Gouvernement. Ainsi, la ministre a déclaré « La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a débloqué l’apprentissage en France. » De fait, en 2019, les chiffres observés dans cette filière de formation ont effectivement été excellents. En effet, le nombre de nouveaux apprentis enregistrés a augmenté de 16 %. Soit exactement 50.700 apprentis de plus, par rapport à 2018. Selon l’analyse de madame Pénicaud, « Ces chiffres n’ont jamais été vus en France. » Précisément, à la fin décembre, le nombre de ces apprentis aurait atteint les 485.000. Avec à la clé, la signature de 353.000 nouveaux contrats.

Ces résultats très positifs s’expliqueraient notamment par une augmentation significative du nombre des apprentis dans le secteur supérieur. En effet, celui-ci aurait progressé de 30 %. Cela, dans tous les secteurs et dans toutes les régions du territoire.

Une analyse très divergente

De leur côté, suite à cette annonce gouvernementale satisfaite, les régions ont publié un communiqué aux conclusions très différentes. Ce texte concerne également la hausse record de l’apprentissage. D’abord, il faut rappeler que depuis 2016, les régions ont exercé pendant longtemps une compétence exclusive dans ce domaine. Cependant, en raison d’une loi datant de septembre 2018, leur action s’est ensuite réduite. Ainsi, après avoir appris que Muriel Pénicaud s’attribuait les très bons résultats du secteur de l’apprentissage, les régions ont contesté sa conclusion triomphante. Au point de la qualifier de « mensongère ».

Les régions très agacées

La hausse record de l’apprentissage pourrait s'essouffler à l'avenir.
La hausse record de l’apprentissage pourrait néanmoins s’essouffler à l’avenir.

De fait, à propos de ces résultats, les régions ont simplement déclaré « La croissance à deux chiffres dont se prévaut à longueur d’interviews Madame Pénicaud, ce sont les régions qui en sont à l’origine. » Du point de vue d’Hervé Morin, Président de la région Normandie, si cette croissance était due au seul dispositif gouvernemental, cela relèverait « du domaine de la prestidigitation ». D’ailleurs, l’élu n’a pas hésité à affirmer « Madame Pénicaud ment ; elle a un bilan tellement mauvais qu’elle va chercher celui des régions sur l’apprentissage. » Comme on le voit, ses conclusions sur l’action du Gouvernement en matière de hausse record de l’apprentissage diffèrent quelque peu de celles de la ministre.

Une attente nécessaire pour un bilan fiable

Afin d’obtenir un bilan fiable de l’action gouvernementale et de ses conséquences, Hervé Morin a demandé d’attendre 2021. Ainsi, après une première année d’application, le succès réel de l’apprentissage pourra être mieux mesuré. Notamment, en terme de financement. En effet, comme celui-ci est fourni par la taxe d’apprentissage sur les entreprises, il pourrait alors se révéler insuffisant. De fait, au ministère du Travail, on admet déjà qu’au rythme actuel, l’enveloppe prévue pourrait s’avérer insuffisante. Cela, dès 2022 ou 2023. Pour le savoir précisément, on a demandé à l’Inspection Générale des Finances et des Affaires Sociales d’effectuer un rapport objectif.