Concurrence déloyale : les sites marchands profitent du confinement

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La concurrence déloyale qui s'est imposée entre les librairies physiques et les sites marchands menace aujourd'hui cette profession

Concurrence déloyale : les libraires français mis sur la touche

Pour les libraires français, la fermeture imposée par la crise sanitaire du coronavirus représente un coup très dur. Ainsi qu’une concurrence déloyale. En effet, pendant que leurs commerces sont jugés « non essentiels », l’activité commerciale digitale d’Amazon explose.

Libraire : une profession sinistrée

Alors que les libraires français sont obligés de fermer, à cause de l’épidémie de Covid-19, les ventes de livres sur Internet sont en pleine croissance. En partie à cause de nombreuses incitations, y compris de la part d’Emmanuel Macron, à redécouvrir les joies de la lecture. Il est vrai que lire s’associe spontanément au confinement. Or, l’évolution très préoccupante de cette crise sanitaire majeure risque de laisser les libraires sur la touche. Cela, pendant un long moment. Une situation que Xavier Moni, Président du Syndicat de la Librairie Française, a déjà anticipée. De fait, pour plus de 3.000 libraires, le futur s’annonce comme très inquiétant. Surtout après les remous sociaux massifs des Gilets Jaunes. Et aussi les troubles causés par la réforme des retraites. Ainsi, pour cette profession particulière, le pire est à craindre.

Une chaîne entière menacée

La concurrence déloyale qui s’est imposée entre les librairies physiques et les sites marchands menace aujourd’hui cette profession

En moyenne, un libraire emploie deux à trois salariés. De plus, il n’a pas la possibilité de mettre de côté beaucoup de trésorerie. Enfin, ce secteur n’est pas marqué par une activité saisonnière très précise. Même si le printemps implique généralement un regain d’activité. Mais vu les circonstances exceptionnelles de la crise sanitaire, le secteur du livre est actuellement bloqué. De fait, la plupart des éditeurs ont repoussé leur planning habituel au mois de mai. Voire à juin. C’est le cas notamment de Hachette et d’Editis, les deux plus importantes sociétés françaises.

Un renforcement demandé

De plus, la maison Gallimard a demandé « […] un renforcement immédiat de la concertation entre éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, enseignes et pouvoirs publics ». D’ailleurs, pour Guillaume Husson, Délégué général du Syndicat de la Librairie Française, « La crise actuelle fait craindre la disparition de centaines de librairies et petits éditeurs. » Pour tenter d’atténuer la concurrence déloyale avec Amazon, l’entourage de Franck Riester, ministre de la Culture, envisage des actions. Mais rien ne garantit qu’elles seront prioritaires, par rapport aux nombreuses autres urgences en cours.

Une politique à deux vitesses

De fait, pendant que le géant Amazon reste hyperactif, et également la FNAC, la vente des livres dans les librairies physiques est pour l’instant à l’arrêt. Pour le Syndicat de la Librairie Française, cette politique sélective induit à la fois une concurrence déloyale, mais aussi une « hérésie sanitaire ». En effet, rien ne garantit aux internautes que la chaîne logistique d’Amazon respecte toutes les règles d’hygiène imposées par le coronavirus. Par conséquent, face à ce déséquilibre manifeste, ce Syndicat demande au Gouvernement de « mettre fin » au favoritisme dont profite actuellement la grande distribution numérique. A cette occasion, ce syndicat professionnel souligne que le réseau des libraires indépendants représente aujourd’hui un peu moins de 25 % des ventes de livres dans le pays. Alors que les sites d’e-commerce, plus le réseau des hypermarchés, constituent environ la moitié de ce secteur fragilisé.

Le Bulletin des Communes suggère aussi de lire l’article du Figaro :