« Boulanger de France » : un label de protection pour ce métier

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Le label

« Boulanger de France » : une charte de qualité artisanale

A l’occasion du Salon Europain 2020, qui s’est déroulé ce week-end à Paris, à la Porte de Versailles, le label « Boulanger de France » a été lancé. Ce nouveau label, soumis au contrôle d’un organisme certificateur, aura pour but de mieux protéger les artisans boulangers face aux chaînes de productions industrielles.

Une concurrence entre les artisans et les industriels

D’après les chiffres communiqués par la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, les boulangeries traditionnelles ne détiennent plus aujourd’hui que 55 % du marché français. De fait, les 45 % restants appartiennent à des boulangeries industrielles et à des chaînes. Dans cette production non artisanale, on trouve les grandes surfaces. Celles-ci se partagent environ 25 % de la production et de la distribution de la filière pain-pâtisserie-viennoiserie. Ainsi, ces structures de production à grande échelle s’intègrent aux réseaux de franchises spécialisés de ce secteur. Le label « Boulanger de France » souhaite limite leur progression.

Des emplois à créer en France

Avec le label "Boulanger de France", les consommateurs auront accès à des produits de qualité.
Grâce au label “Boulanger de France”, les consommateurs auront accès à des produits de qualité.

A ce jour, en France, le secteur de la boulangerie-pâtisserie représente environ 130.000 emplois, répartis dans près de 33.000 commerces. En 1960, sur le territoire, on comptait environ 50.000 fournils. Pour maintenir un nombre suffisant de commerces artisanaux dans le pays, ce secteur doit maintenant se protéger contre l’avancée de la production industrielle. Notamment les structures qui fabriquent leur pain sur place, mais pas leur viennoiserie, ni leur pâtisserie, ni leur snacking (quiches, etc.). Ainsi, elles ont le droit de s’appeler « boulangeries », mais cela trompe en partie les consommateurs. Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie Pâtisserie, est conscient de cet abus. En effet, la production industrielle concurrence fortement la production locale de pains et de pâtisseries. Par ailleurs, ces commerces à grande échelle sont souvent implantés à proximité de ronds-points, ce qui contribue à vider les centres-villes. Un souci qui préoccupe de nombreux maires, qui veulent préserver la vie sociale de leurs communes. Le label « Boulanger de France » peut les y aider.

Revaloriser les métiers de la boulangerie

Pour se démarquer des procédés industriels de production, les commerces labellisés « Boulanger de France » respecteront certains engagements annexes. Outre la garantie d’une fabrication artisanale de leurs produits, ils veilleront à un dosage maximal du sel dans leur pain. De plus, ils donneront leurs invendus à des associations caritatives. Par ailleurs, ils veilleront à trier leurs déchets, afin d’adopter une démarche vertueuse pour l’environnement. Enfin, ils ne proposeront que des produits conçus localement, alors que la concurrence industrielle n’hésite pas à commercialiser des produits parfois fabriqués à l’étranger. Y compris en Chine. Pour mieux faire connaître son éthique, la Confédération de la Boulangerie prévoit de lancer une campagne de communication nationale, au cours du mois de mars prochain. Ainsi, ses engagements seront mieux connus. De cette façon, la Confédération souhaite revaloriser les métiers de la boulangerie, en espérant également susciter de nombreuses vocations. En effet, sur le territoire, près de 9.000 postes restent à pourvoir dans le secteur de la boulangerie-pâtisserie.