En Ile-de-France, les blocages d'incinérateurs, décidés par la CGT, commencent à créer des risques pour l'environnement.

Blocages d’incinérateurs : une situation qui devient alarmante

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Blocages d’incinérateurs : des risques potentiels

A ce jour, trois des plus importants incinérateurs de déchets d’Île-de-France sont bloqués par la CGT Énergie. Ces blocages d’incinérateurs ont débuté le 23 janvier. Dernièrement, l’Agence de gestion de ces sites a demandé aux préfets de réquisitionner du personnel, afin de rétablir en urgence un fonctionnement normal.

Un arrêt forcé problématique

Aujourd’hui, ce mouvement social est dû à une totale opposition de la filière intersyndicale de l’Energie à la réforme des retraites. Mais cette contestation commence à devenir très problématique. En effet, ces trois incinérateurs, situés à Ivry-sur-Seine, la Seine-Saint-Denis et à Issy-les-Moulineaux, sont gérés par le Syctom. Autrement dit, l’Agence métropolitaine des déchets ménagers. Or, cette Agence a reçu une information de la CGT l’informant que ces blocages d’incinérateurs étaient prévus jusqu’au 3 février prochain.

Un arrêt trop long

Actuellement, le Syctom devrait traiter 6.000 tonnes de déchets par jour. Il a donc besoin de revenir le plus vite possible à un « fonctionnement normal ». Après avoir mis en place plusieurs solutions alternatives temporaires, pour compenser les blocages, le Sytcom tire maintenant la sonnette d’alarme. En effet, aujourd’hui, l’enfouissement des déchets et le détournement des bennes ne suffisent plus. Par conséquent, l’Agence a demandé à l’État « […] via les préfets de départements, une réquisition de personnel pour un retour au fonctionnement minimum. »

Une réelle menace pour l’environnement

A ce jour, Sylvie Mariaux, chargée de communication chez Syctom, est très inquiète. Elle vient de déclarer que « c’est une catastrophe pour l’environnement d’enfouir 5.000 tonnes par jour ! ». De fait, quand le fonctionnement des incinérateurs est normal, seulement 6 % des 2,3 millions de tonnes de déchets traités annuellement sont enfouis. De plus, cette pratique est utilisée uniquement dans des situations exceptionnelles. Or, depuis les blocages d’incinérateurs, Syctom est contraint d’enfouir 85 % des déchets qu’il reçoit.

Un manque de chauffage

La CGT a décidé des blocages d'incinérateurs, situés en région parisienne.

La CGT Energie a décidé des blocages d’incinérateurs, situés en région parisienne.

Par ailleurs, en temps normal, la vapeur produite habituellement par les fours des incinérateurs donne chaque jour de l’énergie à la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain. Cela, à hauteur de 47 %. Cette énergie sert ensuite à chauffer des bâtiments publics et des logements. A ce jour, le Syctom produit de l’énergie pour environ 300.000 structures en Île-de-France. Entre autres, pour des hôpitaux et des ministères. Sans l’apport quotidien fourni par la vapeur, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain pourrait être forcée de se rabattre sur des énergies fossiles.

 

Un risque sanitaire de saturation des fosses

L’inquiétude du Syctom se fonde sur des contraintes réelles. Ainsi, l’Agence sait qu’elle risque rapidement d’atteindre « […] la saturation des fosses d’enfouissement ». Ce qui risquerait ensuite d’empêcher que « les déchets soient ramassés en ville ». En attendant, la CGT Énergie maintient sa pression. Ainsi, ses actions réclament un retrait complet de la réforme des retraites. De plus, la CGT Énergie tente maintenant d’ajouter aux blocages d’incinérateurs un mouvement chez les éboueurs de CGT Transport. Car actuellement, ces derniers continuent malgré tout de ramasser les déchets. Or, l’intersyndicale reste sur ses positions. Elle attend toujours « […] une vraie prise en compte de nos exigences par le Gouvernement. »




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