Bulletin des Communes | Arnaque à Nantes, le maire est-il coupable ?

Bulletin des Communes | Arnaque à Nantes, le maire est-il coupable ?

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Thierry Legrais, l’ancien maire de Juigné-des-Moutiers, a été jugé au tribunal de Nantes ce jeudi 11 mars pour escroquerie, banqueroute et blanchiment représentant plus de 300 fausses factures dans le domaine agricole auprès de deux sociétés.

livres de loi qui ont servi de base pour juger une arnaque à NantesThierry Legrais a été jugé ce jeudi 11 mars au tribunal correctionnel de Nantes pour escroquerie, banqueroute et blanchiment dans le domaine agricole entre octobre 2016 et janvier 2018. Le parquet requiert quatre ans de prison dont deux ans ferme à son encontre. Sa femme encourt 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour les mêmes chefs d’accusation.

Arnaque à Nantes avec plus de 300 fausses factures

dessin d'un voleur pour illustrer une arnaque à NantesGrâce à ses trois sociétés, l’ancien Maire est soupçonné d’avoir monté une arnaque à Nantes à plusieurs millions d’euros. “Les petites sociétés tournaient grâce à l’apport d’une grosse société en difficulté financière”, déclare le président du tribunal. Les deux sociétés concernées sont “ETA Legrais” et “EARL De Saint Hubert”. Avec “LB Agri”, Thierry Legrais aurait fabriqué plus de 300 fausses factures auprès de deux entreprises : Urica et Eurofactor, filiale d’affacturage du groupe Crédit agricole.

Thierry Legrais aurait créé des fausses factures auprès des organismes financiers d’affacturage pour obtenir un financement anticipé. Le montant de certaines factures serait de plusieurs centaines de milliers d’euros. Il aurait obtenu d’Urica plus de 19 millions d’euros grâce à 172 fausses factures. Pour Eurofactor, le montant des 135 factures s’élèverait à plus de 7 millions d’euros.

“Je voulais sauver mes entreprises”

“Il a utilisé mes comptes pour créer de la cavalerie financière à hauteur de 595 000 euros, explique un agriculteur présent au procès. Des sommes apparaissaient un jour, et dans un délai de 24 à 48 heures, au centime près, elles repartaient, cela lui donnait de la crédibilité.” Je voulais sauver mes entreprises en ayant de la trésorerie, je regrette profondément.” 

Décision du tribunal attendue le 20 mai prochain.