La pénibilité reconnue : une question centrale dans les débats

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La pénibilité reconnue au travail est vivement discutée actuellement.

La pénibilité reconnue : un thème récurrent

Des mesures sont à prendre en faveur de la pénibilité reconnue dans la réforme des retraites. Ainsi, elles sont au coeur des discussions en cours. Le Gouvernement doit donc discuter ce thème avec les syndicats. Cela, afin d’améliorer la considération de ce paramètre important. Il pèsera dans le régime universel qu’il souhaite créer.

Un chantier prioritaire

Pour Muriel Pénicaud, ministre du Travail, le chantier de la pénibilité reconnue dans un contexte professionnel a été lancé ce 7 janvier. Cette question figure dans la reprise des négociations sur le projet de la réforme des retraites. Aujourd’hui, ce thème apparaît comme très important. En effet, la solution de l’âge pivot, défendu par l’exécutif, devrait favoriser les personnes qui ont mené des carrières hachées. Donc, de très nombreuses femmes. En revanche, ce paramètre risque de pénaliser les carrières longues. Or, il est très probable que les Français doivent bientôt travailler jusqu’à 64 ans, au lieu de 62 ans. Cela, quel que soit le nombre d’années durant lesquelles ils auront cotisé, avant d’atteindre cet âge. Laurent Berger, leader de la CFDT, reste très vigilant sur cette question. Il la considère comme centrale.

Six critères de pénibilité retenus

Actuellement, la pénibilité reconnue au travail n’est prise en compte que dans le secteur privé. Or, depuis longtemps, l’exécutif a prévu d’étendre ce paramètre au secteur public. Dans son projet de réforme des retraites, ce critère compenserait la disparition des catégories dites « actives », dans la fonction publique. De fait, celles-ci ont bénéficié jusqu’à présent de départs à la retraite précoces. Depuis 2015, cette pénibilité reconnue est mesurée à l’aide de six critères. A savoir, le travail de nuit, le travail répétitif, le travail en équipes successives alternantes, le travail effectué dans des milieux où la pression est supérieure à la pression atmosphérique, le travail où le bruit est excessif, et le travail exposé à des températures extrêmes. Ainsi, ces six environnements permettent d’acquérir des points, cumulés dans un compte de prévention de la pénibilité (C2P).

Quatre critères supplémentaires

Aujourd’hui, la CFDT veut ajouter à ces six critères quatre critères supplémentaires, supprimés par Emmanuel Macron au début de son mandat. Il s’agit de la manutention des charges lourdes, des postures pénibles, des vibrations mécaniques, et de l’exposition à des agents chimiques dangereux. De fait, ces paramètres restent problématiques. En effet, les organisations patronales considèrent qu’ils sont très difficiles à attribuer avec précision à chaque salarié. Néanmoins, Laurent Berger tient à ce que ces critères soient réintégrés. Car ils ont suscité de longues réflexions syndicales sur la pénibilité reconnue au travail. Pour l’instant, le Gouvernement semble être très réticent à admettre ces quatre critères. Notamment, à cause de la compétitivité des entreprises et des charges administratives qu’elles doivent supporter actuellement.

Maintien des seniors au travail et la pénibilité reconnue, deux questions parallèles

La pénibilité reconnue au travail est l'un des thèmes majeurs des débats actuels.
La pénibilité reconnue au travail est l’un des thèmes majeurs des débats actuels, pour réformer les retraites.

Directement lié au thème de la pénibilité reconnue, le sujet du maintien des seniors dans l’emploi est aussi une préoccupation majeure de Muriel Pénicaud. En effet, actuellement, la France n’offre pas un cadre favorable à cette tranche de la population. Ce qui l’empêche de retrouver du travail. Entre autres, en cas de chômage. Pour améliorer cette situation, un rapport a été demandé à Sophie Bellon, présidente du Conseil d’administration de Sodexo. Celui-ci sera rendu public le 14 janvier prochain. Il défendra le développement des retraites progressives, qui permettent de travailler à temps partiel. Ce qui pourrait fournir des compléments de pensions de retraite très utiles. Ce, dès l’âge de 60 ans.

Un dispositif à développer

Aujourd’hui, ce dispositif est insuffisamment choisi. En 2018, seulement 18.150 bénéficiaires en ont profité. De plus, les aménagements de fin de carrière seront aussi débattus. L’objectif étant d’aboutir à des propositions concrètes en Conseil des ministres, le 24 janvier prochain. Ce qui pourrait ensuite entraîner des amendements, votés par l’Assemblée nationale.