Heure d’été : une habitude fortement remise en cause.

Les bénéfices attendus du passage à l’heure d’été sont de plus en plus restreints, et en plus contestés. Très discuté, l’habituel changement d’heure pourrait se retrouver mis en cause en France. Début février, les députés européens ont demandé qu’une évaluation précise des avantages de ce procédé soit faite, afin d’évaluer s’il doit être maintenu.

heure-d'ete-coutumeLa Commission européenne va donc bientôt se prononcer sur cette modification délibérée de nos horaires, censée nous faire économiser de l’énergie, en générant au passage des économies. Imaginée à l’origine en 1874 par Benjamin Franklin, puis abandonnée et réhabilitée durant la Première Guerre Mondiale, cette pratique pourrait à nouveau être considérée comme obsolète, étant donné les évolutions considérables de notre vie moderne, marquées par une consommation énergétique qui a beaucoup changé. Aujourd’hui, ce « trucage » fait de moins en moins l’unanimité, aussi bien en matière d’économies d’énergie que par rapport à ses répercussions, parfois néfastes, sur la santé. En France, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) admet que cette habitude annuelle permet effectivement de réaliser des économies en énergie, mais est surtout efficace pour les émissions de CO2. Ce bénéfice énergétique baisse en effet d’année en année, l’essentiel de l’électricité étant aujourd’hui d’origine nucléaire. Le gain réalisé représente environ de quoi éclairer 800.000 ménages pendant un an. Par ailleurs, la progression de l’éclairage par LEDs, très répandue, contribue à faire régulièrement baisser notre consommation électrique.

Les opposants à ce système, de plus en plus nombreux, mettent en avant que ce changement estival entraîne aussi de nombreux accidents de la route, surtout durant la semaine qui suit ses débuts. Ainsi, il provoquerait une hausse de 17 % des incidents de trafic. Par ailleurs, au niveau de la santé, une étude médicale a conclu que le décalage imposé augmenterait de 5 % les risques d’infarctus du myocarde. Les probabilités de faire un AVC seraient également majorées. De plus, pour les éleveurs de bétail, ce système produit de sérieux dysfonctionnements dans la traite des vaches. Enfin, les insomnies, ou à l’inverse la somnolence, progresseraient à la faveur du passage à l’heure d’été, et les cycles de sommeil de nombreux enfants seraient perturbés. Le maintien futur de cette pratique n’est donc pas garanti.