Frais bancaires : des augmentations parfois injustifiées

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Frais bancaires : une tendance à rester opaques

D’après une récente étude réalisée par le Comité Consultatif du Secteur Financier, la plupart des frais bancaires sont demeurés stables en 2020. Néanmoins, cette bonne nouvelle est assombrie par un constat plus critique, fait par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. En effet, celle-ci a observé que certains tarifs avaient augmenté, sans justification précise.

Quelques tarifs en baisse

Selon l’enquête du Comité Consultatif du Secteur Financier, après l’analyse de 14 services basiques, proposés par plus de 100 établissements, ceux-ci ont maîtrisé leurs frais bancaires. Ainsi, pour les consommateurs, les nouvelles grilles tarifaires de l’année ont peu évolué. Plus précisément, six tarifs sont restés stables. Parmi eux, désormais, deux sont même offerts. A savoir, les virements et les prélèvements effectués en ligne. De plus, cinq de ces tarifs ont baissé. Dans le détail, la délivrance d’une carte de paiement à débit systématique a régressé de 0,85 %. De plus, les frais de mise en place d’un mandat de prélèvement SEPA ont chuté de près de 7 %. Idem pour l’acquisition d’une assurance perte/vol des cartes de crédit, elle aussi en baisse de 0,2 %. Enfin, l’envoi de SMS informant sur l’état du compte a chuté de 0,1 %. Une baisse identique pour l’obtention d’une carte de paiement internationale à débit différé.

Des augmentations discrètes

En revanche, les frais bancaires liés à trois services proposés ont augmenté. Notamment, la cotisation d’une carte de paiement internationale à débit immédiat. Désormais, celle-ci coûte près de 1 % supplémentaire. Ensuite, les virements occasionnels effectués en agence ont aussi été majorés de plus de 4 %. Par ailleurs, les frais de tenue de compte ont aussi progressé de plus de 3 %. Cela, dans prés d’un quart des agences. Or, cette augmentation ne correspond à aucun service réel. Lorsqu’on questionne les établissements à ce sujet, ils se justifient juste en invoquant des « […] coûts de gestion informatique ». En moyenne, ces frais de gestion s’élèvent cette année à environ 20 euros, tous établissements confondus.

Une directive européenne mal appliquée

une tirelire pour illustrer la hausse des frais bancaires

L’association UFC-Que Choisir déplore que les frais bancaires soient souvent incompréhensibles.

Au-delà de ces évolutions, pas toujours très claires, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir dénonce un manque de lisibilité globale des relevés bancaires. Une opacité regrettable, car depuis le début de l’année, les banques doivent respecter une nouvelle directive européenne. Cette dernière a pour but d’harmoniser l’ensemble des frais bancaires qu’elles appliquent. De plus, cette directive souhaite clarifier la définition des principaux services proposés. Cela, pour pouvoir les comparer entre les différents pays membres de l’UE. Par conséquent, suite à cette directive, les banques françaises doivent maintenant remplacer leurs grilles habituelles par un Document d’Information Tarifaire standard. Une décision présentée comme une évolution, mais qui conduit malheureusement à des informations « encore plus illisibles », selon UFC-Que Choisir.

Une surcharge d’informations

Sur le terrain, plus d’un tiers des professionnels du secteur ont profité de cette directive européenne pour noyer leurs clients sous « une surcharge d’informations ». Notamment, en mélangeant les multiples frais bancaires, qu’ils soient mensuels, trimestriels ou annuels. Au final, cet amalgame d’informations produit plus d’obscurité que de clarté. De fait, UFC-Que Choisir demande maintenant aux pouvoirs publics de légiférer. En imposant aux banques de continuer à fournir, comme avant, des tarifs strictement annuels. Par ailleurs, elles devront aussi préciser plus clairement les frais maximaux qui sont comptabilisés en cas d’incidents de paiement.




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