Fake news : un nouveau fléau

Deux mains qui tirent des ficelles

L’Assemblée veut limiter la diffusion des fausses informations

Les députés ont adopté hier deux propositions de loi, pourtant contestées par certains défenseurs de la liberté d’expression, qui visent à combattre la diffusion des fausses nouvelles, notamment à des fins de manipulation politique.

Des propositions très discutées

Bien que les opposants à ces propositions les considèrent redondantes, étant donné les lois qui existent déjà dans ce domaine, ces textes ont finalement été acceptés. Notamment grâce à un amendement portant sur la définition de ce qui est considéré comme véritablement intentionnel dans une fake news. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a insisté sur le fait que ces nouveaux dispositifs légaux ont surtout pour but « […] d’endiguer la propagation », et non de sanctionner les auteurs de fausses nouvelles. Selon elle, les aménagements demandés sont destinés à « […] mieux faire respecter les règles existantes, en les adaptant aux nouvelles réalités caractérisées par le poids croissant des réseaux sociaux et la viralité de l’information […]. Pour la ministre, cette consolidation juridique devrait permettre une meilleure protection globale contre les fake news, sans pour autant menacer les libertés individuelles ni celle de la presse.

Des divergences prévisibles

Cette position s’oppose à celle de Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise à l’Assemblée, qui craint qu’une dérive soit possible, en cas de manipulation orientée de la définition même de « fausse information ». Pour sa part, Nicolas Dupont-Aignan, président du mouvement Debout le France, a reproché à cette proposition de loi d’être une « […] manipulation de l’opinion. »

Deux outils supplémentaires

Les deux propositions de loi présentées souhaitent qu’on puisse dorénavant engager une procédure en référé, dans un délai de 48 heures, lorsqu’on identifie une fake news durant une période électorale, afin de la bloquer. Ces deux textes prévoient également qu’on accorde un pouvoir réactif plus étendu au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) dans ce domaine, et qu’une collaboration plus étroite soit permise entre les principales plateformes émettrices, à savoir Google, Twitter et Facebook. Ainsi, elles pourront effectivement supprimer les contenus douteux, tout en agissant en toute transparence.

Une application rapide

 Ces propositions sont prévues pour être mises en application sous trois mois, afin d’être opérationnelles au moment des élections européennes de mai 2019. Si elles sont acceptées à temps, elles devraient limiter bon nombre de commentaires haineux mis en ligne, et contrer de nombreuses tentatives de désinformation, visant à déstabiliser les débats politiques. Il faut rappeler que des manœuvres opaques de ce type, lancées dernièrement sur la Toile via les réseaux sociaux, ont plusieurs fois réussi à influer sur des élections importantes. On sait que des fake news ont notamment pesé sur le déroulement de la campagne présidentielle menée par Emmanuel Macron.

 

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