Colère des avocats : un fort rejet de la réforme des retraites

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La colère des avocats face à la réforme des retraites ne faiblit pas.

Colère des avocats : un conflit tenace

Dans de nombreuses villes de France, les avocats se sont mobilisés contre un projet de réforme qu’ils jugent menaçant pour leur caisse autonome des retraites.

Pour protéger un régime de retraites autonome

Dernièrement, à Nice et à Paris, ainsi que dans d’autres grandes villes, des avocats ont organisé diverses actions. Ce, pour contester le projet du Gouvernement de réforme des retraites. A Nice, lundi dernier, cette colère des avocats a pris la forme d’un grand barbecue, organisé devant le Palais de Justice. Ainsi, on pouvait lire sur une pancarte accrochée à l’une des grilles du Palais ce message ironique « Quitte à être sur le grill… autant y mettre nos merguez ». De plus, ce mouvement social a entraîné le report de divers procès d’assises, en raison d’une grève, très suivie. Celle-ci a été déclenchée par le Conseil National des Barreaux.

Une décision d’arrêt

Le Conseil National des Barreaux a déclaré que son principal moyen d’action était de « toucher le justiciable ». Le motif de cette colère des avocats, qui continue de se durcir, est la protection de leur régime autonome. En effet, ils refusent qu’il soit supprimé. De fait, leur principale crainte est que leurs cotisations de retraite doublent. En effet, elles pourraient passer de 14 à 28 %. Par ailleurs, les robes noires redoutent que leurs pensions de retraite baissent.

Une complète déception

A ce jour, de nombreux barreaux ont voté la reconduction de la grève en cours. Ce mouvement contestataire a commencé le 6 janvier. Pour le moment, il reste intact. D’ailleurs, il a été marqué par des gestes qui prouvent une forte détermination. Comme celui de robes d’avocats symboliquement jetées par terre. Lundi dernier, des représentants de la profession ont été reçus au ministère de la Justice. Ainsi, Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil National des Barreaux, et le bâtonnier de Paris ont rencontré la garde des Sceaux. Laurent Pietraszewski, le secrétaire d’Etat chargé des retraites, était aussi présent. Mais après cette entrevue de plus de deux heures, d’après ces représentants, « aucune nouvelle proposition » satisfaisante n’a été faite par l’exécutif. Donc, la colère des avocats ne faiblit pas.

Une mobilisation ferme

Le Gouvernement a du mal à contenir la colère des avocats.
Le Gouvernement a du mal à contenir la colère actuelle des avocats.

Actuellement, après la clôture de la Conférence des bâtonniers, la totalité des barreaux demeure mobilisée. Désormais, des assemblées générales ont lieu quotidiennement. D’après les votes qu’elles recueillent, elles aboutissent toutes à des appels à poursuivre la grève. Aujourd’hui, les avocats souhaitent conserver leur système autonome, car leur régime de retraites autonome car leur caisse est à l’équilibre. Voire excédentaire. De ce fait, ils affirment qu’ils contribuent chaque année à approvisionner le régime général « […] en reversant des sommes importantes ». Cela, à hauteur de « 80 millions d’euros par an ». Selon le Conseil National des Barreaux, qui représente en France 70.000 avocats, la réforme des retraites prévue par le Gouvernement risque de « tuer les petits cabinets » A savoir, ceux qui gagnent moins de 40.000 euros par an. Ainsi, le minimum d’une retraite d’avocat pourrait passer d’une pension de 1.400 euros à seulement 1.000 euros. D’où une colère des avocats.

De timides avancées

Cependant, après les négociations qui ont commencé, même si elles ont globalement déçu, de timides avancées seraient possibles. Ainsi, Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil National des Barreaux, a admis qu’elle avait senti une réelle préoccupation de ses interlocuteurs. Cela, en raison de la colère des avocats. Pour preuve, Christiane Féral-Schuhl a déclaré à la presse que « des propositions vont être formulées par écrit dans la semaine. » De fait, deux ministres se sont engagés à fournir certaines réponses. Ensuite, ces propositions seront soumises aux élus de la profession, afin qu’ils puissent statuer.