Le chômage des seniors montre des inégalités dans le monde du travail.

Chômage des seniors : des fins de carrières problématiques

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Chômage des seniors : une précarité accrue

Selon la Cour des comptes, le chômage des seniors rencontre des difficultés spécifiques en France. Elles s’expliquent notamment par une réticence des entreprises à embaucher des collaborateurs ayant plus de 52 ans. Outre les difficultés quotidiennes que cela implique, cette situation de blocage entraîne un coût croissant pour la collectivité.

Une difficulté reconnue

Désormais, pour les seniors, la problématique du chômage de longue durée est une difficulté reconnue. A ce sujet, selon le dernier rapport de la Cour des comptes, en 2018, environ 38 % des demandeurs d’emplois de 50 ans ou plus étaient des chômeurs. Comparés à ce chômage spécifique, les demandeurs d’emplois plus jeunes n’étaient que 22 %. Ce même rapport de la Cour des comptes signale que les seniors sont plus exposés que d’autres à des refus de recrutements. De plus, le phénomène du chômage des seniors s’aggrave encore « après 52 ans ». Cela explique que pratiquement une personne sur quatre, âgée 61 ans mais souhaitant travailler, est contrainte à l’inactivité. D’ailleurs, les statistiques du ministère du Travail confirme que 7 % des 55-64 ans sont aujourd’hui au chômage. Cela entraîne un nombre croissant d’aides versées à cette tranche de la population. Ainsi, à partir de 60 ans, celle-ci touche plus souvent des allocations-chômage, de fin de droits, ou encore des minima sociaux. Ce rapport confirme que le segment des 60-64 ans est le plus touché.

Des dépenses élevées

Le chômage des seniors reste un problème particulièrement épineux.

Le chômage des seniors révèle l’un des grands paradoxes du monde du travail français.

Dans son rapport, la Cour des comptes aborde aussi les lourdes conséquences financières que provoque le chômage des seniors. D’après ses derniers calculs, cette prise en charge particulière s’élevait déjà, début 2018 « […] à plus de 700 millions d’euros, au titre de la solidarité nationale ». Concernant le régime de l’Assurance-chômage, les sommes versées atteignaient alors « […] près de 800 millions » Ainsi, au total, ces aides représentaient pour la collectivité 1,5 milliard d’euros par an.

De prochaines mesures incitatives ?

Parmi les récentes propositions pour inciter à embaucher des seniors, le Gouvernement a évoqué plusieurs pistes. Notamment, celle d’un bonus-malus, appliqué aux cotisations d’Assurance-chômage des entreprises. Pratiquement, ces cotisations seraient allégées dès qu’une société accepte d’embaucher un salarié de plus de 55 ans. Au contraire, le fait de licencier un salarié de plus de 55 ans entraînerait des cotisations plus lourdes. Pour l’instant, le problème du chômage des seniors reste une question très délicate. Cependant, elle doit résoudre d’urgence un paradoxe. Celui d’une société qui met à l’écart ses travailleurs âgés, alors que la future réforme des retraites s’oriente clairement vers une période d’activité qui deviendra plus longue. Une équation que devra vite résoudre Jean-Paul Delevoye.




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