Bruno Le Maire prévient les Etats-Unis que des représailles françaises surviendront si des produits de l'Hexagone sont surtaxés.

Représailles françaises : une menace suggérée contre les Etats-Unis

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Représailles françaises : Bruno Le Maire exhorte l’administration Trump à la sagesse

Bruno Le Maire a prévenu que des représailles françaises pourraient survenir si les Etats-Unis appliquaient des surtaxes douanières, suite à la mise en place de la taxe GAFA.

« Revenir à la raison »

Afin d’éviter un futur conflit commercial franco-américain, le ministre de l’Économie a demandé aux États-Unis de « revenir à la raison » dans les prochains jours. Ce, afin que Washington n’applique aucune sanction économique à la France, en réponse à la taxe instaurée dans l’Hexagone sur l’activité des géants du numérique. En effet, pour Bruno Le Maire, une telle décision de rétorsion ne serait « […] dans l’intérêt de personne ». Ainsi, lors d’une récente interview donnée sur France Inter, le ministre a réagi concernant la menace brandie par l’administration Trump. De fait, les Américains ont plusieurs fois annoncé qu’ils allaient infliger de nouvelles taxes douanières aux produits français. Cette mesure compenserait alors la taxe GAFA, dont la France est l’initiatrice. Appliquée de façon répressive, cette surtaxe viendrait encore alourdir des taxes existant déjà depuis octobre dernier. Cela, à cause de précédentes subventions accordées à Airbus. En cas de réel conflit commercial, Bruno Le Maire a évoqué d’éventuelles représailles françaises.

Une solution à valider au niveau mondial

Des représailles françaises seront appliquées en retour si des surtaxes américaines pénalisaient certains produits de l'Hexagone.

Des représailles françaises seront appliquées en retour si des surtaxes américaines pénalisaient certains produits de l’Hexagone.

Afin de calmer le jeu, et de maintenir des relations harmonieuses avec les Etats-Unis, Bruno Le Maire souhaite dialoguer avec son homologue américain, Steven Mnuchin. De plus, le ministre de l’Economie a aussi écrit une lettre d’apaisement au représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer. Ce, dans le but d’aplanir les tensions latentes. Si malheureusement ces tentatives de conciliation échouaient, Bruno Le Maire s’est montré ferme. Ainsi, il a prévenu que si les Etats-Unis persistaient à vouloir appliquer des « […] sanctions contre la taxation du digital […], dans ce cas-là nous riposterions ». Des représailles françaises pourraient alors survenir. De fait, le ministre de l’Economie serait contraint de saisir l’Organisation Mondiale du Commerce. Cela, dans le but d’obtenir une réaction de l’Union européenne. Selon Bruno Le Maire, au sujet de la taxe GAFA, les États-Unis devraient désormais accepter une solution au niveau mondial. Celle-ci devrait intégrer les décisions actuellement prises par l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques.

Aucune discrimination à l’égard des entreprises américaines

Dans la lettre qu’il a adressée à Robert Lighthizer, Bruno Le Maire lui a rappelé que l’impôt baptisé « taxe GAFA » ne visait pas exclusivement Google, Apple, Facebook et Amazon. De plus, il a bien précisé que « […] notre taxe n’est pas discriminatoire à l’égard des entreprises américaines ». Tout en rappelant que cette mesure respectait « […] totalement le principe d’équité et de non-discrimination de l’OMC ». Cette tentative de conciliation vise à stopper le scénario de l’administration Trump. En effet, celle-ci a plusieurs fois menacé de surtaxer certains produits français « jusqu’à 100 % ». Cela pourrait concerner notamment le champagne, certains produits laitiers, des sacs à main de luxe, des cosmétiques et des articles prestigieux en porcelaine. Un préjudice évalué à 2,4 milliards de dollars. On comprend donc mieux les menaces de représailles françaises, évoquées par le ministre de l’Economie. Il faut rappeler que la taxe GAFA prévue par Bercy ne doit imposer les géants du numérique qu’à hauteur de 3 % du chiffre d’affaires réalisé en France.



Journaliste spécialiste des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Collaborateur permanent du Bulletin des Communes et chef de rubrique.