La pollution lumineuse s’est installée en France et malgré ses conséquences méconnues mais graves, la France ne semble pas prendre l’ampleur de ce drame. Trois associations viennent de déposer un recours devant le Conseil d’État pour dénoncer l’inaction du gouvernement.

La lutte contre la pollution lumineuse en France a pris du retard. Ces trois associations souhaitent contraindre le ministère de l’environnement à publier les arrêtés prévus par la loi Grenelle II du 12 juillet 2010. Cette loi doit réglementer notamment les installations lumineuses dans certains espaces naturels. Moins médiatisée que la pollution de l’air ou que le réchauffement de la planète, la pollution lumineuse est sournoise et méconnue alors qu’elle a des conséquences sur les écosystèmes et notre santé : la lumière inhibe la synthèse de la mélatonine, une hormone sécrétée uniquement la nuit. La pollution lumineuse apparait lorsque les éclairages artificiels sont omniprésents au point d’altérer les niveaux d’éclairage naturel de la nuit et ont des conséquences sur l’environnement nocturne. Cette pollution lumineuse se traduit par des lumières artificielles de plus en plus nombreuses dans les environnements professionnels et personnels : bâtiments, installations sportives, panneaux publicitaires, lampadaires et autres commerces. L’association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne a ainsi remarqué que le nombre de points lumineux de l’éclairage public nocturne en France a augmenté de 89% en vingt-cinq ans. Selon une récente étude, près de 83% de la population mondiale et près de 99% des populations européenne et américaine vivent sous un ciel nocturne plus ou moins altéré par la pollution lumineuse. Les impacts des émissions de lumières artificielles sur la santé et la biodiversité ont pourtant été pris en compte dès 2007 et un arrêté concernant l’éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels a été pris mais rien sur le volet des espaces naturels.