« L’Europe peut sortir de l’Histoire, se disloquer, si nous ne sommes pas capables de relever le défi de la sécurité », affirme le Premier ministre français, un peu figé.

Préserver l’accord de Schengen est crucial. » Et plutôt que de songer à « tuer Schengen, il faut faire marcher Dublin », en référence à la convention européenne qui régit la gestion des demandes d’asile. « Comme l’a dit Tsipras, ce serait une honte de faire de l’Europe une forteresse. » Schaüble invoque même la solidarité.

« Nous devons y injecter des milliards. » Evidemment, si le ministre allemand accepte l’idée d’un plan Marshall, en Europe, et dans les pays d’émigration, il insiste aussi sur la nécessité de respecter les règles. Revenir sur ce qui a été convenu sur le problème de finances publiques, en remettant en cause par exemple la présence du FMI dans le dispositif ?

Aller proposer un tel virage au Bundestag, « c’est comme rentrer avec une bougie dans une chambre remplie de dynamite. » Tsipras lui réplique: « Nous avons besoin de lumière. Le meilleur moyen serait de se débarrasser de la dynamite. »

Le plus frappant dans les échanges, c’est que le mot « solidarité », qui était sulfureux au pic de la crise grecque, revient sans cesse quand il est question des réfugiés.

François Hollande a aussi alerté, jeudi, de dislocation du projet européen  », jugeant urgent «  de redonner une perspective à l’Europe  ». Paris et Berlin feront «  avant la fin de l’année  » des propositions pour la zone euro.