Dans une récente rubrique Indiscrétions, nous évoquions le classement de l’Argus des communes qui épinglait les municipalités les plus dépensières. Mais de quelles dépenses était-il question ? Mea culpa : le monde des médias est le premier à succomber régulièrement à la tentation des classements. Mais il sait aussi faire la part des choses et pousser l’analyse un peu plus loin. Exemple avec cet Argus des communes publié par une association baptisée « les contribuables associés. »
On y apprend que parmi les communes les plus dépensières du Puy-de-Dôme figurent Besse, La Bourboule et Chappes. À l’opposé, Pont-du-Château, Gerzat et Chamalières sont classées parmi les plus vertueuses. Les mieux notéesNous avons interrogé les maires de ces communes sur la valeur qu’ils accordent à ce classement. Précision qui a son importance : le critère essentiel porte sur les dépenses de fonctionnement par habitant et, encore plus important pour la suite, c’est l’année 2013 qui fait référence. Louis Giscard d’Estaing (Chamalières). « C’est un indicateur intéressant, mais il faut avoir à l’esprit tous les paramètres de la gestion communale. On peut fort bien être économe et avoir une dette élevée ». Jean Albisetti (Gerzat). « Je suis très sensible à ce genre de classement, surtout quand on est à la tête d’une nouvelle équipe ! Actuellement nous devons assumer ce qu’ont fait nos prédécesseurs, la situation ne nous permet pas d’être dépensiers ». Jean Albisseti oublie simplement que le 19/20 attribué par l’Argus des communes va à l’année 2013, donc à son prédécesseur… Oups ! Du côté des derniersClaude Boilon (Chappes). « J’ai même droit au bonnet d’âne ! Le drame, c’est que les chiffres sont erronés, on nous attribue des dettes qui n’existent pas, alors que le taux d’endettement de la commune n’est que de 10 % et notre taux d’imposition de 6,5 % pour la taxe d’habitation. J’ai pensé porter plainte, mais je me suis dit que je n’avais pas de temps à perdre ». Éric Brut (La Bourboule). « Je ne savais même pas que ce classement existait. Pour moi, le seul qui vaille, c’est l’élection municipale ! Quel élu voudrait dégrader volontairement l’état de sa commune ? Comme la plupart des villes à vocation touristiques, nous avons des charges spécifiques, car nous faisons des investissements spécifiques. Je rappelle simplement que nous sommes aujourd’hui station classée tourisme, et que nous ne sommes que 500 à 600 à avoir obtenu ce label sur les 36.000 communes de France. Le classement de cet argus ignore complètement nos particularités ». Lionel Gay (Besse). C’est sans doute le plus remonté contre l’Argus des communes. « Je ne tiens pas compte de ce type de classement ; c’est comme si on comparaît vos dépenses à celles de votre voisin. Notre commune dispose d’équipements équivalents (piscine, patinoire) à ceux d’une ville de 30.000 habitants ; Je rappelle que nous n’en avons que 1.500. Ce classement est fait sur de mauvaises informations : l’Argus pointe du doigt notre endettement constitué pour moitié d’emprunts pour les remontées mécaniques de notre station de sports d’hiver. Mais la Société d’économie mixte nous rembourse intégralement le montant de ces emprunts ; c’est une opération blanche dont le classement ne tient pas compte ».