La gauche divisée sort du jeu. Les élus sortants scorent à domicile. Duel UMP-UDI face au FN : les deux cantons ont bien des points communs.

Même si les sondages nationaux laissaient entrevoir les grandes tendances du scrutin, le résultat du premier tour des élections départementales a laissé pantois la gauche chinonaise.

La perte du canton depuis la fusion avec le Ridellois pouvait être prévisible. Mais de là à être exclus du second tour dans l’ancien fief d’Yves Dauge, la pilule est amère pour la gauche modérée.
L’analyse des chiffres montre que la paire Loizon-Raimond obtient la première place dans 25 communes sur 27, et dans l’ensemble des bureaux de la ville de Chinon. Et, l’on notera que, comme en 2011, Eric Loizon fait un carton dans sa commune de Thilouze avec 66,90 % des voix.
Globalement, d’ailleurs, si le binôme UMP-UDI atteint 39,59 %, il le doit à un score de 45,15 % dans l’ex-canton d’Azay, et de 35,33 % sur l’ex-canton chinonais, traditionnellement plus à gauche et où, malgré un gros travail de terrain, Isabelle Raimond-Pavéro n’a pas encore la notoriété de son coéquipier, conseiller général sortant.
Côté PS, la paire Bergeot-Godard s’offre deux premières places, à Beaumont-en-Véron, fief traditionnel, mais aussi à Villaines-les-Rochers, où Marie-Annette Bergeot, nouvellement élue maire, bénéficie de son ancrage local et affiche un beau 50,30 %, contre 22,60 % au total final.
En revanche, le binôme est lanterne rouge à Lerné et à Saint-Germain-sur-Vienne, ainsi que dans les bureaux de l’Hôtel-de-ville et des Hucherolles à Chinon, ce qui est assez significatif de l’érosion de l’influence local du PS.
C’est donc le Front national qui souffle, à 211 voix près, la seconde place qualificative pour dimanche prochain. Gérard Salichon et sa colistière sont deuxièmes dans la plupart des communes, et même en tête à Marçay, où ils atteignent 39,30 % des voix, et n’étant en dernière position que sur le bureau de l’école Jean-Jaurès à Chinon.
Quant au Front de gauche, généralement dernier, il fait une percée à Saint-Germain, où il fait jeu égal en tête avec l’UMP-UDI.

Idem du côté de Sainte-Maure

Le même type d’enseignements est à noter dans le canton de Sainte-Maure, avec le même duel UMP-UDI face au FN dimanche. Là encore, la droite classique est en tête dans 36 des 43 communes, avec là encore une accentuation du score du sortant sur ses terres.
Nadège Arnault affiche 72,80 % à Parçay, et plus de 60 % à Cravant, Crissay et Brizay.
Ramené aux anciens cantons, le binôme Arnault-Martegoutte totalise 59,73 % sur le Bouchardais, 41,98 % sur le Richelais, et 38,93 % sur le Saint-Maurien, pour un total qui s’équilibre à 45,82 %.
La paire Poujaud-Bouchaud est en tête à Ports, la commune de Daniel Poujaud (47,90 %), ainsi qu’à Marigny-Marmande (44,80 %) chez Jean Thomas, l’un des deux remplaçants, très implanté localement. En revanche, Valérie Bouchaud ne fait que 25,40 % dans sa cité bouchardaise, où Nadège Arnault affiche 51,30 %. Le duo divers gauche finit dernier dans 11 des 43 communes. Le binôme du Front de gauche, lui, est lanterne rouge dans 31 autres communes.
C’est là encore le Front national qui prend la deuxième place, mais très largement, avec 1.118 voix d’avance. Il vire même en tête à Antogny-le-Tillac, Faye-la-Vineuse, Jaulnay, Pussigny et Razines. Aussi étonnant que cela paraisse, le FN n’est dernier que dans une seule commune, Crissay-sur-Manse, pourtant assez portée sur le vote bleu marine aux élections nationales.
Là encore, c’est l’implantation de Nadège Arnault, qui en fut secrétaire de mairie, qui explique qu’elle y ait fait le plein de voix.